AI dénonce les procès iniques menés par les >
Pérou : Des centaines de prisonniers politiques innocents sont en prison depuis des années
Lima/Londres, 20 août 1997 (APIC) Chaque jour passé dans une prison péruvienne par un prisonnier d’opinion est un jour de trop, dénonce Amnesty International (AI), dans un rapport consacré à la situation des quelque 600 prisonniers et plus, accusés à tort d’infractions liées au terrorisme. Des procès iniques et manipulés ont envoyé et envoient pour des années des gens innocents en prison. Des organisations péruviennes de défense des droits de l’homme n’hésitent pas à articuler des chiffres qui varient entre 800 et 2’000 détenus injustement incarcérés. Certains depuis plus de 5 ans.
Toutes ces personnes ont été arrêtées en vertu d’une législation née sous le président Fujimori qui ne respecte pas les normes internationales relatives à l’équité des procès. AI confirme ainsi que les procès liés au terrorisme conservent systématiquement un caractère inique en raison de la législation antiterrorisme en vigueur au Pérou.
Ainsi, les civils accusés de >, continuent d’être jugés par des tribunaux militaires. Les procès, qu’ils relèvent d’une juridiction civile ou militaire, se déroulent en secret devant des >, cagoulés, et dont l’identité est gardée secrète. Un écran les séparent des justiciables pendant l’audience. Il est de plus impossible de citer comme témoins à la barre de ce semblant de tribunal les policiers ou les militaires impliqués dans la détention et dans l’interrogatoire de l’accusé.
Fait unique, mais que ne cite pas le rapport d’AI, il appartient à un accusé de prouver son innocence, et non à la justice de prouver sa culpabilité. Une loi d’amnistie pour les repentis permettait à un inculpé d’en bénéficier, sous réserves de dénoncer au moins trois personnes impliquées dans le terrorisme. Des charrettes entières d’innocents ont ainsi pris le chemin de la prison, où il croupissent actuellement. La terrible situation des prisonniers politiques, innocents ou impliqués dans des actes de subversion, avait conduit le MRTA à la prise d’otages de décembre dernier dans la résidence de l’ambassadeur japonais, qui s’est achevée dans un bain de sang.
Des pressions qui ont du bon
Sous la pression internationale, les autorités péruviennes ont été dans l’obligation de créer une Commission ad hoc chargée de recommander une grâce présidentielle pour les personnes accusées à tort. A ce jour, cet organisme a obtenu la libération de 226 prisonniers. AI déplore que ces détenus n’ont malgré tout pas pu bénéficier d’un réexamen judiciaire, qui aurait permis d’invalider des chefs d’accusations retenus contre eux ou l’infirmation des jugements. Le casier judiciaire de ces personnes reste injustement chargé, avec les répercussions imaginables pour elles dans leur situation dans la société après leur libération.
Autre inquiétude exprimée par AI : il n’existe toujours aucune disposition prévoyant que les personnes détenues arbitrairement, torturées dans la grande majorité des cas, reçoivent réparation pour les épreuves endurées durant leur incarcération. Comme l’a fait remarquer le Comité des droits de l’homme des Nations Unies en novembre dernier à propos de ces cas douloureux, >.
AI cite le cas, parmi des centaines d’autres, de deux jeunes étudiants à l’Université, qui ont passé plus de cinq ans en prison pour un crime qu’ils n’ont pas commis. Ils ont été interpellés à Lima en avril 1992, et injustement accusés de possession d’explosifs et d’écrits >. Tous deux affirment avoir été torturés par les agents de la DINCOTE. Après un examen de leur dossier, un juge a conclu à l’insuffisance de preuves à charge. Malgré ce jugement, une > les a condamnés en octobre 1994 à douze et dix ans d’emprisonnement, qu’ils purgent dans la terrible prison de Castro Castro.
Carlos Florentino Molero et Marco Antonio Ambrosio ne sont pas les seuls. Loin de là. Entre 600, selon AI, et 2’000 et plus, selon d’autres sources, partagent cette injustice. >, conclu l’organisation de défense des droits de l’homme. (apic/pr)




