Les Eglises s’en inquiètent

Afrique du Sud: Xénophobie à l’encontre des demandeurs d’asile et des réfugiés

East London/Afrique du Sud, 24 août 1997 (APIC) Ce n’est pas seulement en Europe que les demandeurs d’asile, les réfugiés et les immigrants illégaux rencontrent de l’hostilité. Les Africains qui décident d’immigrer dans la «nouvelle Afrique du Sud» ressentent aussi les effets de la xénophobie.

«L’attitude de la plupart des Sud-Africains envers les réfugiés d’autres parties de l’Afrique est aujourd’hui une cause de préoccupation», déplore l’évêque Mvume Dandale, évêque-président de l’Eglise méthodiste d’Afrique australe.

Condamnant la violence dirigée contre des vendeurs étrangers, l’évêque ajoute que «dans la situation de chômage que connaît actuellement l’Afrique du Sud, il n’y a aucune raison pour traiter de cette façon des réfugiés venus dans notre pays pour des motifs économiques. Il ne faut pas oublier la part importante que l’Afrique du Sud a jouée dans la déstabilisation économique des pays voisins (sous le régime de l’apartheid). C’est pourquoi le gouvernement et les Sud-Africains doivent se comporter en chrétiens avec ces réfugiés.»

Une déclaration publiée par l’Eglise méthodiste rappelle aussi que durant le régime de l’apartheid, de nombreux Etats africains ont protégé, accueilli et employé certains de ceux qui, aujourd’hui, occupent des postes importants en Afrique du Sud.

Par ailleurs, la Commission «Justice et Paix» de la Conférence épiscopale d’Afrique australe a aussi condamné ces violences. «C’est à l’Eglise qu’il appartient d’encourager les gens à abandonner cette attitude xénophobe», a déclaré le porte-parole de cette Commission.

Alors que certains Africains viennent en Afrique du Sud en tant que réfugiés politiques, la plupart viennent pour des raisons économiques, pour fuir la pauvreté qui sévit dans leur pays. Pour un grand nombre d’Africains, l’Afrique du Sud est considérée comme un paradis économique.

Pour le ministre de l’Intérieur Mangosuthu Buthelezi, les réfugiés rendent difficile la tâche du gouvernement. «Ces immigrants illégaux sont un obstacle à la transformation et à la reconstruction et au programme de développement, car ils utilisent les ressources et occupent des emplois qui devraient être réservés aux citoyens sud-africains.»

Le porte-parole de la Commission «Justice et Paix» a vivement réagi à ces propos, soulignant qu’ils accentuaient la xénophobie et aggravaient «l’attitude négative envers nos soeurs et nos frères».

Il y entre 2,5 millions et 4,1 millions d’étrangers en Afrique du Sud, avait précisé le ministre de l’Intérieur aux journalistes et diplomates au début de l’année. D’après certaines organisations, il y en aurait en fait plus de huit millions

Selon le journal «Mail & Guardian», il y a seulement 2’500 réfugiés politiques enregistrés. Mais dans une seule banlieue de Johannesburg, Hillbrow, il y aurait 50’000 immigrants nigérians illégaux.

Les autorités de l’immigration et les soldats qui contrôlent les frontières essayent d’endiguer le flot des Africains. Mais certains d’entre eux doivent encore affronter d’autres dangers. En effet, plusieurs fois par an les journaux rapportent que des immigrants sont dévorés par des lions alors qu’ils tentent de traverser le Parc national Kruger, entre le Mozambique et le nord de l’Afrique du Sud. La semaine dernière seulement, quatre Mozambicains qui essayaient de passer ont connu cette fin atroce. (apic/eni/pr)

9 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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