Des forces anti-œcuméniques intégristes sont à l’oeuvre

Autriche: Mise en garde du secrétaire général de la KEK

Graz, 2 juillet 1997 (APIC) Des forces anti-oecuméniques sont à l’oeuvre dans toute l’Europe, «au sein même de chacune de nos Eglises membres», a constaté Jean Fischer, secrétaire général de la Conférence des Eglises européennes (KEK) lors de la onzième Assemblée générale de la KEK qui poursuit ses travaux depuis lundi 30 juin dans la ville de Graz, en Autriche.

Jean Fischer a vivement dénoncé les forces qui s’organisent… «pour attaquer et affaiblir le mouvement oecuménique», rapporte l’agence de presse œcuménique ENI à Genève. Le secrétaire général de la Conférence des Eglises européennes a relevé que la récente décision de l’Eglise orthodoxe de Géorgie de renoncer à sa qualité de membre de la KEK et du Conseil oecuménique des Eglises (COE) «nous amène à prendre conscience de la gravité du combat que se livrent, au sein de cette Eglise, les forces intégristes et fondamentalistes et celles de l’ouverture et du cheminement oecuménique».

L’appartenance aux organisations œcuméniques remise en question

L’Eglise géorgienne a décidé en mai de quitter le COE et la KEK, lors d’une réunion d’urgence du Synode de l’Eglise. C’était la première fois qu’une Eglise orthodoxe décidait de mettre fin à sa participation à la KEK, qui compte 123 Eglises membres – principalement anglicanes, orthodoxes et protestantes – à travers toute l’Europe. Mais cette question de la participation au mouvement oecuménique est au centre des débats dans d’autres Eglises, entre autres l’Eglise orthodoxe russe.

«Les menaces de suspendre les relations ou de se retirer de la famille de la KEK sont trop fréquemment évoquées pour que nous les ignorions ou que nous les traitions par le mépris», a souligné Jean Fischer. Ces forces anti-oecuméniques, a-t-il expliqué, «s’organisent, se concertent et se manifestent dans divers pays de manière différente. Elles n’hésitent pas à user et abuser de l’amalgame et de contre-vérités pour attaquer et affaiblir le mouvement oecuménique.» Bien qu’il n’ait pas précisé qui se trouvait derrière ces attaques, certains observateurs pensent qu’il faisait allusion au mouvement de contestation qui se développe au sein de plusieurs Eglises orthodoxes en Europe orientale et dans l’ancienne Union soviétique.

Réduire encore les capacités de la KEK serait «suicidaire»

Jean Fischer a aussi vigoureusement défendu l’existence de la KEK en un moment où de nombreuses organisations oecuméniques se voient obligées d’effectuer des coupes dans leurs budgets et de réduire leur personnel. Il a averti que «toute tentative de réduire encore la capacité de la KEK serait suicidaire».

La KEK a dû faire face à une grave crise financière en 1994 et 1995, ce qui l’a obligée à couper deux postes à plein temps et à réduire les salaires de son personnel en 1994 de 7 %. Jean Fischer a annoncé que la situation financière s’était stabilisée et que la KEK espérait finir l’année 1997 sans déficit. Par ailleurs, l’Assemblée de la KEK a approuvé un plan d’intégration avec la Commission oecuménique européenne pour Eglise et société (EECCS), ce qui signifie que les Eglises non catholiques romaines du continent disposeront d’un «instrument commun» pour traiter avec les institutions politiques européennes.

L’EECCS deviendra la Commission «Eglise et société» de la KEK. Les bureaux de Bruxelles et de Strasbourg seront maintenus mais la Commission assumera un rôle de liaison avec des institutions telles que l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) et traitera des questions plus générales concernant l’Eglise et la société. (apic/eni/be)

9 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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