Violences policières sur des étrangers

Allemagne: Amnesty International dénonce les mauvais traitements infligés par la police

Bonn, 3 juillet 1997 (APIC) Amnesty International a publié jeudi un rapport intitulé «nouveaux cas – méthodes connues», faisant état de nouvelles violences policières s’ajoutant aux cas de mauvais traitements commis sur des ressortissants étrangers et des membres de communautés ethniques en Allemagne. Ce rapport contient 40 cas identifiés depuis mai 1995.

Le rapport d’Amnesty International indique que les victimes étaient, «comme les années précédentes, des demandeurs d’asile ou des membres de communautés ethniques.» Cependant, selon Amnesty, «les policiers incriminés ont démenti les mauvais traitements ou n’ont jamais été poursuivis, aucune des victimes étrangères maltraitées n’ayant obtenu de dédommagement financier.»

En mai 1995, lorsque Amnesty International avait affirmé que «les bavures policières contre les ressortissants étrangers n’étaient pas des cas isolés», les autorités allemandes avaient rejeté ces critiques; mais le rapport de la Conférence du ministère de l’intérieur a admis ces conclusions en février 1996. En novembre 96, le Comité des droits de l’homme de l’ONU s’est déclaré «soucieux des cas de mauvais traitements par la police» et a critiqué l’absence d’un mécanisme véritablement indépendant afin d’enquêter sur de telles accusations, proposant à cet effet la création d’une instance indépendante. A la même date, la commission d’enquête de la municipalité de Hambourg, publiant ses résultats, a indiqué qu’il ne s’agissait ni de cas isolés dus à des moutons noirs, ni de mauvais traitements systématiques.

Enfin, Amnesty International a demandé au ministre de l’intérieur Manfred Kanther d’examiner le rôle des policiers et du corps médical lors d’expulsions. «Nous ne sommes toujours pas convaincus que des précautions suffisantes pour empêcher des refoulements forcés, conduits de manière cruelle, inhumaine et dégradante, aient lieu et puissent entraîner par conséquent d’autres cas de décès», a déclaré l’organisation humanitaire après le décès dans des conditions suspectes d’un Nigérian refoulé en automne 1994. (apic/com/aa)

9 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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