Le patriarche de Moscou avait lui-même demandé à rencontrer le pape :

Hongrie : Intervention de Mgr Jean-Claude Périsset devant les gréco-catholiques

Nyiregyhaza/Hongrie, 3 juillet 1997 (APIC) C’est le patriarche Alexis II de Moscou qui avait lui-même proposé de rencontrer le pape Jean-Paul II à Vienne le 21 juin dernier, a indiqué jeudi Mgr Jean-Claude Périsset, secrétaire adjoint du conseil pontifical pour l’unité des chrétiens. Cette rencontre a finalement été annulée à cause de l’avis négatif du Synode orthodoxe russe. Mgr Périsset, s’exprimait devant l’Assemblée des évêques grééco-catholiques européens réunis pour la première fois, à Nyiregyhaza, en Hongrie.

Cette assemblée, qui suit immédiatement le 2e Rassemblement oecuménique européen de Graz, débat en particulier de la question de l’oecuménisme, où les Eglises catholiques de rite oriental (dites gréco-catholiques) ont un rôle clé à jouer, du fait de leur enracinement dans la culture orientale et de leur lien au Siège Apostolique romain.

De nombreux participants ont, pour cette raison, demandé une intervention qui fasse la lumière, côté Vatican, sur les derniers événements qui ont conduit au projet, puis à l’annulation, de la rencontre Alexis II Jean Paul II qui aurait été historique.

L’idée d’un tel sommet, a rappelé Mgr Périsset, remonte à 1989. Des désaccords sont ensuite survenus en raison d’oppositions et de malentendus sur la présence de prêtres catholiques en Russie, qui relançait contre Rome l’accusation de prosélytisme. Cette accusation, répétée par Alexis II à Graz, a été un des principaux motifs invqués pour annuler la rencontre de Vienne. Selon le Vatican, il ne s’agirait cependant que d’un prétexte.

Le vrai débat porte sur un autre terrain: celui de la notion de la liberté religieuse. Pour le patriarche de Moscou, en effet, un citoyen russe ne peut adhérer à l’Eglise catholique, parce qu’il se trouve sur un territoire qui est sous juridiction orthodoxe. Si un Russe venu de l’athéisme demande à devenir chrétien dans l’Eglise catholique, le prêtre devrait donc le renvoyer à «son» Eglise, orthodoxe.

Les orthodoxes russes défendent une application stricte de ce principe. Une position reflétée par la loi sur la liberté religieuse récemment votée par la Douma et restrictive pour les minorités catholiques et protestantes. Une conception que ne partagent généralement pas les catholiques pour qui la liberté religieuse est une notion indivisible et ne saurait être liée à un critère de nationalité, ainsi que l’a confirmé à Graz, Mgr Tadeusz Krondrusiewicz, administrateur apostolique de Russie d’Europe.

80 représentants des Eglises gréco-catholiques d’Europe (Ukraine 5 millions de fidèles, Roumanie 2 millions de fidèles, Hongrie 300’000 fidèles, Biélorussie, Pologne, Slovaquie, Bulgarie) se retrouvent pour la première fois, et à huis-clos, du 30 juin au 6 juillet, sur l’initiative de la Congrégation pour les Eglises orientales présidée par le cardinal Achille Silvestrini. (apic/imed/cip/mp)

9 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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