Mgr Griffin: pourquoi l’Eglise est-elle massivement blanche ?

Etats-Unis: Le racisme est un péché grave

Columbus, 11 juillet 1997 (APIC) «Le racisme est un péché grave: c’est le refus d’accepter le plan du Dieu Créateur, selon lequel tous les êtres humains sont faits à son image et à sa ressemblance et ont le même Père céleste, sans distinction de race ou de nationalité», écrit dans une lettre pastorale Mgr James Griffin, évêque de Columbus, dans l’Ohio (Etats-Unis).

Mgr Griffin écrit cette lettre pastorale sur le racisme, qu’il destine aux parents et aux enseignants, aux leaders religieux et aux hommes politiques, ainsi qu’à «tous les hommes et toutes les femmes de bonne volonté». Elle a été publiée intégralement dans l’hebdomadaire de la Conférence épiscopale américaine «Origins».

Racisme sournois

«L’enseignement de Jésus-Christ et celui de l’Eglise nous le disent: les hommes de toutes races sont enfants de Dieu et frères», écrit Mgr Griffin. On trouve d’ailleurs un écho de cette «vérité évangélique» dans la déclaration d’Indépendance des Etats-Unis, qui affirme que «tous les hommes sont créés égaux et avec des droits inaliénables, comme la vie, la liberté et la recherche du bonheur».

On peut donc dire, poursuit l’évêque, que le racisme est «contraire aux lois de notre nation». Mais alors que «des formes criantes de racisme sont aisément décelées et condamnées», subsiste une sorte de «racisme sournois qui trompe notre vigilance». Car plutôt que «dans les actes publics», c’est «dans l’esprit et dans le coeur que vient se nicher le racisme»; ce n’est que dans un second temps qu’il devient un «mal social». Il semble que personne n’y échappe et, «étant de ceux qui exercent une responsabilité dans la société, il est de mon devoir de contribuer à l’extirper», écrit Mgr Griffin.

Partager le pouvoir

Spécialement en tant qu’Eglise, souligne l’évêque, «nous devons combattre les subtiles formes de racisme dont nous sommes coupables». L’Eglise catholique américaine étant massivement blanche, il est «d’une importance vitale» que les paroisses, constituées autour de Blancs, «apprennent à pratiquer et à vivre la foi comme une invitation offerte aux personnes de toutes les races». «Nous devons affronter le défi de nous libérer nous-mêmes des chaînes du racisme», insiste-t-il, car celui-ci, «en tant que péché, cause du tort non seulement à la victime, mais aussi au pécheur».

Et Mgr Griffin de proposer «un rigoureux examen de conscience» pour «relever et ensuite abattre ses propres préjugés, racine de toutes les formes de racisme». Cette «conversion» ira de pair avec un effort pour partager le pouvoir avec les minorités. «Nous ne pouvons permettre que les facteurs économiques nous empêchent d’agir avec justice, déclare l’évêque. Nous ne pouvons nous accrocher au pouvoir et le perpétuer quand, ce faisant, nous ne faisons que perpétuer le racisme et l’oppression».

Après s’être adressé à des groupes spécifiques de citoyens: parents, enseignants, leaders religieux, responsables politiques, monde de la finance, etc., l’évêque constate qu’»avouer ses propres manquements et fautes n’est jamais facile ni agréable; c’est pourtant la seule façon d’affronter et d’extirper le racisme parmi nous». (apic/cip/pr)

9 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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