Les luthériens s’abstiennent de critiquer la Chine

Fin de l’Assemblée de la FLM à Hong Kong

Hong Kong, 18 juillet 1997 (APIC) – La Fédération luthérienne mondiale (FLM), dont les Eglises membres (plus de 120) représentent 57 millions de chrétiens dans le monde, s’est abstenue de prendre position sur la situation des droits de l’homme en Chine, au cours de son Assemblée générale tenue du 8 au 16 juillet à Hong Kong.

Selon certains délégués, porter des critiques à l’encontre du gouvernement de Pékin serait considéré comme un affront, alors que l’Assemblée de la FLM se tient en Chine. «De telles critiques pourraient nuire aux relations entre les Eglises de Hong Kong et celles du reste de la Chine», ont-ils fait remarquer.

Plusieurs délégués des Eglises luthériennes de Hong Kong ont manifesté leur opposition et demandéé la suppression de deux passages d’un message qui portaient notamment sur «l’amélioration du niveau de vie et la démocratisation en Chine continentale». Les deux phrases controversées, qui ont été rejetées (par 159 voix contre 106, et 29 abstentions) n’étaient pourtant guère «meurtrières»: «Il existe néanmoins quelques aspects de la situation en Chine qui nous causent en tant qu’Eglises des préoccupations sérieuses et légitimes. Cela concerne notamment l’incarcération et le traitement des dissidents, l’application fréquente de la peine de mort, l’absence de procédures propres à un Etat de droit dans les procès criminels et les formes persistantes d’incarcération administrative».

Après la suppression de ces deux phrases, des délégués ont alors suggéré qu’il était préférable de s’abstenir de faire une déclaration sur la Chine si l’on ne pouvait en publier une qui soit «crédible». Cette proposition a été suivie. Il a été décidé de ne faire qu’une déclaration sur les droits de l’homme, sans mentionner aucunpays en particulier.

Le débat sur la Chine a dominé les dernières heures de l’Assemblée. Il a provoqué les interventions les plus animées de ces dix jours de conférence. «Pourquoi désigner la Chine, et pas l’Amérique, ni la Grande-Bretagne?», s’est-on en effet interrogé. (apic/eni/pr)

9 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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