Vietnam: Liste «secrète» des candidats à l’épiscopat rendue publique par la police

Une publication qui risque de gêner les rapports inter-ecclésiaux

Ho Chi Minh Ville, 21 juillet 1997 (APIC) La liste «secrète» des candidats à l’épiscopat vietnamien a été rendue publique par la police du Vietnam. Selon l’Agence internationale Fides, à Rome, des centaines de photocopies sur lesquelles figurent 41 noms suggérés par les évêques d’une dizaine de diocèses sont distribuées de main à main. Cette publication risque fort de gêner les rapports inter-ecclésiaux: on y trouve ni plus ni moins des jugements et des appréciations sur le travail des candidats possibles.

Les soupçons sur l’origine de cette publication se portent sur la police, qui a séquestré la liste après avoir fouillé Mgr Barthélémy Nguyên Son Lâm, 68 ans, évêque de Thanh Hoa. A la mi juin, l’évêque, de retour de Rome, avait été bloqué à l’aéroport. La police s’était alors emparée de plusieurs feuilles contenant la liste présentée à Rome. Quelques jours plus tard, celle-ci se trouvait dans les mains de tous.

Les suggestions des candidats à l’épiscopat proviendraient des évêques de Hanoi, Thai Binh, Long Xuyen, Ban Me Thuot, Kontum, Phat Diem, Xuan Loc, Hué et Tran Hoa. Les listes de noms ont en bas de page la date du 12 et 13 décembre 1996. Elles auraient été rédigées à Rome: du 9 au 14 décembre, les évêques vietnamiens se sont rendus en visite «ad limina». Selon plusieurs sources, la publication de ces noms a pour objectif de mettre dans l’ambarras les évêques vis-à-vis du gouvernement qui, depuis des années, est engagé dans un bras de fer avec le Vatican pour décider qui doit nommer les évêques.

La majorité des noms cités sont des prêtres diocésains vietnamiens. Plusieurs d’entre eux résident actuellement à l’étranger pour des études. Des religieux sont également mentionnés, dont un rédemptoriste et un franciscain ainsi que les supérieurs des salésiens, des dominicains et des jésuites.

Cette publication risque fort de gêner les rapports inter-ecclésiaux. Mais elle rend surtout plus âpre et le rapport entre la Conférence épiscopale vietnamienne et le gouvernement, qui semble vouloir affirmer un pouvoir suprême sur elle. L’évêque de Lâm s’est excusé auprès de ses collègues de la Conférence. Mais de nombreux catholiques demandent aux prélats de contraindre le gouvernement à formuler des excuses officielles. «C’est une violation des droits de l’homme», dit-on du côté de Hanoi.

Plusieurs religieux dont le nom figure sur la liste craignent des répercussions du point de vue de leur liberté. Des commentaires en marge de plusieurs noms semblent avoir été écrits non par les évêques mais par la police elle-même. Les feuilles ne portent aucune en-tête, ni aucun sceau officiel, même si certaines personnes possèdent la photocopie avec l’en-tête de la Conférence épiscopale du Vietnam. (apic/fides/pr)

9 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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