Ouganda: Vers un impôt sur les familles nombreuses
Le cardinal Wamala prêt à se «battre» pour s’y opposer
Kampala/Ouganda, le 27 juillet (APIC) – Le cardinal Emmanuel Wamala, archevêque de Kampala, en Ouganda, s’oppose à la proposition d’un «impôt sur les enfants» que le gouvernement ougandais envisage de mettre en place pour les parents de plus de quatre enfants.
Selon Francis Babu, un politicien connu en Ouganda, le gouvernement du président Yoweri Museveni envisage de promulguer une loi selon laquelle les parents de plus de quatre enfants devront payer davantage d impôts. «Si l’information est exacte, nous avons un sérieux défi à relever», a déclaré le cardinal Wamala. «Lorsque cet impôt sera créé, refusez-le. Si une manifestation est organisée contre cet impôt, j’y participerai, a-t-il déclaré aux fidèles en célébrant une messe.
Les pays développés imposent
Pour le cardinal Wamala, ce sont les pays développés qui imposent le concept de contrôle de la population à l’Ouganda. Il ajoute que l’idée d’imposer les parents en fonction du nombre d’enfants est inconnue en Ouganda. Une telle décision frapperait les plus pauvres (l’Eglise catholique est fermement opposée à l’utilisation de méthodes artificielles de régulation des naissances).
Au début de l’année, le gouvernement du président Museveni a tenu une de ses promesses électorales de garantir un enseignement gratuit à quatre enfants de chaque famille, qu’elle soit constituée par une cellule polygame, de deux parents ou d’un parent seul. Le gouvernement avait fait cette promesse afin de mettre fin au fardeau que représentent les frais onéreux de scolarité.
Cette décision a pour effet d’augmenter les inscriptions à l’école primaire, qui sont passées de 2,5 à plus de 5 millions. L’accroissement soudain du nombre d’élèves a obligé le gouvernement à utiliser des fonds destinés à d’autres services sociaux.
En raison d’un taux de croissance démographique d’environ 2,4% par an, l’Ouganda connaît un des taux de développement le plus rapide d’Afrique. En moyenne, les familles ont six à sept enfants, et la population globale du pays est de 20 millions. On compte environ un tiers de catholiques, un tiers de protestants, 16% de musulmans et 18% d’adeptes de religions populaires locales. (apic/eni/pr)




