Les coupeurs de canne à sucre haïtiens renvoyés sans préavis

Haïti: Nouveaux rapatriements forcés de République Dominicaine

Port-au-Prince, 5 juin 1997 (APIC) De nouveaux cas de rapatriements forcés d’ouvriers haïtiens de République Dominicaine ont été enregistrés ces derniers jours à Port-au-Prince, indique le Bureau central de migration, qui annonce que 228 nouveaux rapatriés et déportés sans préavis de République Dominicaine sont arrivés en Haïti entre le 26 avril et le 25 mai.

Les «déportés» sont des personnes établies de manière légale en territoire dominicain et renvoyés dans leur pays pour un quelconque problème de justice. Selon le réseau Kairos, en Belgique, les rapatriements sont effectués sans aucun préavis aux autorités haïtiennes et sans donner aux personnes concernées la possibilité de rassembler leurs effets et leur famille.

Les autorités dominicaines sont les seules à effectuer des rapatriements dans de telles conditions, ajoute Kairos. Celles des Iles Bahamas, par exemple, préviennent les autorités de Port-au-Prince 48 heures à l’avance pour qu’elles puissent prendre les dispositions utiles.

Les 228 rapatriés ont été «récupérés» à la frontière par des fonctionnaires du Bureau des migrations, qui leur ont fourni les moyens de regagner leurs lieux d’origine.

Les 300’000 à 400’000 Haïtiens partis travailler comme coupeurs de canne en République Dominicaine sous le régime de Duvalier, contre le versement d’une redevance payée à l’Etat haïtien – une forme nouvelle d’esclavage -, sont depuis 1995 victimes de tels actes d’agression. Durant l’été 1991, le président Balaguer (Saint-Domingue) a «rapatrié» de force 60’000 personnes, des vieillards et des enfants pour la plupart. Entre 15’000 à 20’000 réfugiés ont encore été expulsées au début de cette année. (apic/cip/pr)

9 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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