Statut ecclésiastique pour le canton de Fribourg
Les citoyens catholiques disent «oui» à plus de 71%
Fribourg, 8 juin 1997 (APIC) Les citoyens catholiques du canton de Fribourg ont accepté dimanche 8 juin, à une forte majorité, le Statut ecclésiastique catholique du canton de Fribourg. Contrairement au projet de statut de l’Eglise cantonale de Schwytz, très controversé, du reste refusé dimanche du bout des lèvres (moins de 250 voix) celui du canton de Fribourg n’a pour ainsi dire pas été combattu ouvertement.
Par 19’584 «oui» (71,09%) contre 7’964 «non» (28,91%), les catholiques fribourgeois ont entériné le travail de quatre ans qui a été nécessaire aux membres de la Constituante pour mettre sur pied ce qui représente en quelque sorte la Constitution de l’Eglise fribourgeoise dont il règle l’organisation et le financement. La participation au scrutin a été de 25,18%.
Du côté de l’Assemblée ecclésiastique catholique provisoire, on exprime bien entendu un sentiment de satisfaction. «Le vote de ce jour permettra la mise en vigueur de la Loi Eglise-Etat et du Statut ecclésiastique dans les prochains mois», indique un communiqué de l’Assemblée. La date en sera fixée par le Conseil d’Etat, d’entente avec les Eglises reconnues.
Pour le Bureau de l’Assemblée, «dans la suite logique de l’article 2 de la Constitution cantonale révisé en 1982 et de la loi Eglises-Etat adoptée en 1990, l’Eglise catholique s’est ainsi doté, sur le plan paroissial et cantonal, d’une organisation administrative et financière renouvelée, capable d’assurer les besoins d’aujourd’hui et ceux prévisibles de demain». Le Bureau se dit heureux de constater qu’une grande majorité des électeurs ont appuyé les principes qui sont à la base du Statut ecclésiastique: une autonomie renforcée par rapport à l’Etat et aux communes, une solidarité financière accrue entre les paroisses.
Satisfaction de Mgr Grab et du Bureau de l’Assemblée
Pour Mgr Amédée Grab, évêque diocésain, ce vote est satisfaisant à plus d’un titre. Un sentiment de profonde satisfaction, de reconnaissance envers le Seigneur, qui guide son Eglise, y compris à travers la détermination des rapports que la communauté catholique entretient avec la communauté civile. Un merci aussi à l’endroit des hommes. Je dois dire que le Bureau a fait pendant des années un immense travail, intelligent, patient et persévèrent, accompagné de la sensibilisation du terrain de sorte que la satisfaction de l’évêque du diocèse est légitimement celle de toutes les personnes qui se sont engagées en vue d’une solution qui nous aide à affronter l’avenir».
Un avenir qui va aussi dans le sens de la solidarité entre les paroisses, note Mgr Grab. «Il s’agit là d’une solution parfaitement ecclésiale, une solution nécessaire dans la mesure où il faut de plus en plus répondre à des objectifs qui sont plus vastes que ceux des paroisses. Il nous faut une présence dans la société, dans l’école, dans les milieux défavorisés… et le grand avantage, le grand mérite du statut que les catholiques fribourgeois se sont donnés, c’est qu’il n’empiète pas sur la Constitution de l’Eglise. Il est à la fois plein d’optimisme, de courage et de réalisme, en même temps qu’il fidèle à une vision profondément catholique qu’est le corps du Christ et le mystère de l’Eglise.
Même satisfaction du côté de Jacques Ducarroz, président de l’Assemblée ecclésiastique catholique provisoire: «Ce vote constitue une grande satisfaction pour les membres de cette Assemblée qui, dans leur très grande majorité était favorable à ce statut. Satisfaction aussi de voir qu’une grande majorité des citoyens catholiques fribourgeois l’ont adopté».
Composée de 90 membres, l’Assemblée avait accepté de soumettre ce statut en votation par 79 voix, contre 4 contre seulement. Sept personnes étaient excusées au moment du vote. «C’est vrai, reconnaît Jacques Ducarroz, il n’y a pas eu d’opposition ouverte au moment des séances d’information. Mais nous nous rendions bien compte, lorsque nous allions discuter dans les paroisses, dans les secteurs, dans certains mouvements, qu’il y avait une certaine opposition sur une série de points ponctuels. Les personnes qui avaient des doutes sur tel ou tel points n’ont heureusement pas pris le parti de dire non à l’ensemble du statut. Il faut s’en féliciter.
Les sept districts ainsi que la ville de Fribourg ont dit «oui». Avec 76,91 %, le district de la Singine est celui qui l’accepte le plus largement. (apic/pr)




