Bâle:L’Alliance évangélique suisse contre «la solution des délais» en matière d’avortement
«La vie donnée par Dieu commence dès la conception de l’enfant»
Bâle, 9 juin 1997 (APIC) Les délégués de l’Alliance évangélique suisse (AES) se sont prononcés samedi à Bâle contre «la solution des délais» en matière d’avortement. Une décision contraire à celle prise dernièrement par le Conseil de la Fédération des Eglises protestantes de la Suisse (FEPS) sur le même sujet. L’AES a adopté à l’unanimité une résolution sur «l’inviolabilité de la vie» et a présenté ses excuses au peuple juif pour son attitude durant la Deuxième Guerre mondiale.
«La vie donnée par Dieu commence dès la conception de l’enfant. Il n’est pas tolérable de faire un avortement sur un enfant avant sa naissance, ni de pratiquer l’euthanasie active pour des personnes âgées ou atteintes de maladies incurables», précise la déclaration adoptée par les délégués de l’AES. Ces derniers se déclarent opposés aux tentatives de la société moderne qui veut distinguer «entre ce qui est valable et non-valable dans une vie humaine».
L’AES prend ainsi officiellement position contre l’initiative parlementaire de la Conseillère nationale socialiste zurichoise Barbara Haering-Binder, Elle déclare en outre qu’elle lancera un référendum si les Chambres fédérales devaient accepter «la solution des délais» en matière d’avortement.
La prise de position de l’AES prend le contre-pied de celle de la FEPS qui le 15 mai dernier s’était prononcée précisément pour la «solution des délais», laissant à la femme enceinte (ou le couple) le droit de pouvoir décider sous sa propre responsabilité d’une éventuelle interruption durant le premier tiers de la grossesse. Cette décision a été approuvée par diverses instances de la FEPS, dont sa Commission féminine et sa Commission «Eglise et société».
Excuses au peuple juif
L’alliance évangélique suisse, faisant allusion à l’attitude du gouvernement et du peuple suisse envers les juifs durant la Deuxième Guerre mondiale, reconnaît la propre culpabilité des Eglises évangéliques et de leurs paroisses pour avoir gardé le silence et ne pas avoir prêté assistance aux juifs à l’époque. «Nous demandons pardon au peuple juif et nous soutenons les mesures de réparation», peut-on lire dans la résolution.
L’AES a célébré samedi le 150e anniversaire de leur présence en Suisse. Les premières réunions ont eu lieu à Genève et Lausanne en 1847 avec, entre autres, la participation d’Henri Durant, futur fondateur de la Croix-Rouge. L’Alliance comprend actuellement près de 100 sections en Suisse et 600 communautés locales regroupant 20 dénominations différentes. (apic/com/job/ba)




