Le pape dans l’intimité de ses souvenirs
Retour aux sources pour Jean-Paul II à la veille de son départ de Pologne
Cracovie, 9 juin 1997 (APIC) Retour aux sources pour Jean-Paul II lundi, au dixième jour de sa visite en Pologne. «Je regarde Cracovie, la ville de mon coeur. J’ai en mémoire tous ses quartiers, toutes ses paroisses, que je visitais comme pasteur de l’archidiocèse», a-t-il confié dans l’église Sainte-Edwige, l’ancienne reine de Pologne canonisée dimanche devant plus d’un million de personnes. Le pape découvrait l’édifice, de l’une des dernières églises bâties du temps où il était encore archevêque.
Jean-Paul II a consacré l’essentiel de sa journée à un retour sur les lieux de son itinéraire personnel. Le matin, il a célébré la messe dans la crypte de la cathédrale du château de Wawel à Cracovie, où il célébra sa première messe, le lendemain de son ordination. Lieu insolite, selon le P. Zbigniew Liana, professeur à l’université Jagellone. Le pape ne sacrifiait pas à une coutume. C’est la culture historique et littéraire du jeune prêtre qui lui avait fait choisir cette crypte, qui est la nécropole des rois de Pologne et la plus ancienne chapelle de la ville.
A cette messe privée, seuls douze chapelains étaient admis et un couple qui fêtait le 9 juin son quarantième anniversaire d’un mariage béni par le jeune abbé Wojtyla. La rencontre a été extrêmement chaleureuse, le pape retrouvant là des amis.
Jean-Paul II s’est ensuite rendu en contre-bas de la citadelle, au no 21 de la rue des chapelains, où il a habité de 1958 à 1964 comme évêque auxiliaire, puis au no19, où il vécu comme prêtre et professeur de séminaire, de 1951 à 1958. De magnifiques demeures de style renaissance, parfaitement restaurées, qui étaient logés à l’époque royale les chapelains de la cathédrale.
Sur la tombe de ses parents
Après un petit déjeuner pris dans son ancienne maison, le pape a traversé la rue pour visiter l’institut Jean-Paul II de Cracovie, fondé il y a deux ans pour recueillir et conserver la mémoire du séjour de Karol Wojtyla en cette ville. Très souriant et détendu, le pape a poursuivi sa promenade dans la même rue, par le Centre culturel ukrainien tenu par les responsables de la communauté gréco-catholique de Cracovie, qui rassemble 500 personnes environ. Le pape y a prié, accompagné par les chants gréco-catholiques.
Le rendez-vous suivant a été le cimetière de Rakowice, où sont enterrés ses parents et son frère Edmund. Le pape a prié en silence pendant cinq minutes. Puis il a salué les membres d’un choeur qu’il a remerciés pour leur discrétion. Il n’est resté qu’un quart d’heure en tout. Sous le nom de son frère, médecin mort à 26 ans, un texte est gravé : «Mort à l’hôpital de Bielsko, victime de sa profession, ayant sacrifié sa vie pour l’humanité souffrante».
Le pape s’est rendu ensuite à l’Hôpital Jean-Paul II de Cracovie pour inaugurer la nouvelle clinique de cardio-chirurgie. Après avoir rendu hommage aux professionnels de la santé qui ont payé de leur vie le service de ceux qui souffrent, il a dit son admiration pour le travail que les médecins effectuent dans des conditions «très difficiles» et sa confiance que «tous les problèmes du service de la santé en Pologne seront résolus de manière sage et juste». Il s’est aussi réjoui de «la grande fermeté» avec laquelle «la grande majorité» des médecins de Pologne renoncent à «des actes qui pourraient détruire la vie».
Dans l’après-midi, le pape était à Dukla, à l’extrême sud-est du pays, pour prier sur la tombe du Bienheureux Jan de Dukla, qu’il canonisera à Krosno mardi, au terme de son voyage. (apic/cio/imed/pr)




