Assemblée annuelle des œuvres d’entraides aux Eglises orientales
Rome:Jean-Paul appelle l’Occident à la solidarité avec les Eglises orientales
Rome, 19 juin 1997 (APIC) «Malheur à nous si la prospérité de l’un causait l’humiliation de l’autre ou des compétitions stériles et scandaleuses»: Cette citation de sa lettre apostolique «Orientale Lumen» a été resservie par le pape jeudi devant l’Assemblée annuelle des Oeuvres d’entraide aux Eglises orientales, que préside le préfet de la Congrégation pour les Eglises Orientales, le cardinal Achille Silvestrini.
L’attention de l’Eglise universelle pour les églises catholiques orientales constitue, explique le pape, une reconnaissance de leur identité propre. Une étape indispensable pour leur donner le «courage» d’affronter la question oecuménique.
Une réunion de travail a en effet eu lieu à Rome du 16 au 18 juin, et le pape a reçu jeudi les évêques, les prêtres, les membres et les amis qui ont participé à cette assemblée. L’occasion pour Jean-Paul II de réaffirmer la volonté de solidarité de l’Eglise catholique en Occident, après les changements politiques intervenus à l’Est.
La lettre «Orientale Lumen» de Jean-Paul II le rappelle: «Les communautés d’Occident sont prêtes à favoriser en tout l’intensification de ce ministère de «diaconie», en mettant à la disposition de ces Eglises [orientales] l’expérience acquise au cours des années d’un exercice de la charité plus libre». Ce partage doit porter sur des projets concrets en collaboration avec les orientaux.
Le pape a évoqué devant ses hôtes sa visite au Liban en mai dernier et son exhortation post-synodale: «Une espérance nouvelle pour le Liban», où il demande qu’on mette en valeur les charismes des personnes et des communautés afin de construire l’unité et la fraternité entre chrétiens. Cela suppose, insiste le pape, une attention particulière aux plus défavorisés. Il demande en particulier à «toute l’Eglise» une participation concrète à l’aide aux chrétiens de Terre-Sainte, comme il est prévu à l’occasion du Vendredi Saint.
L’Eglise d’Occident doit mettre davantage en valeur «l’apport des Eglises orientales catholiques», souligne le pape, afin que la «catholicité» puisse vraiment s’exprimer. Jean Paul II souligne à ce propos l’importance et la nouveauté de la prochaine rencontre des évêques et des supérieurs religieux des Eglises Orientales catholiques d’Europe qui aura lieu du 30 juin prochain au 6 juillet, à Hajdudorog (Hongrie) sur «l’identité des catholiques orientaux».
L’importance de cette rencontre, note le pape, vient de ce qu’»elle unit, dans la rencontre, la réflexion et l’écoute commune ceux qui travaillent dans le dicastère pour les Eglises orientales et les responsables de ces Eglises qui ont payé au prix fort leur fidélité au Christ et au Siège de Rome, et qui, pour la première fois se retrouvent toutes ensemble, après des décennies de séparation et de persécution».
Cette rencontre organisée par le dicastère romain veut raviver chez les catholiques orientaux, précise le pape, à la fois «l’héritage de leurs martyrs», la «conscience» des exigences pastorales de l’heure, et donner le «courage» d’affronter la question oecuménique. En effet, avec le primat du successeur de Pierre, la question des catholiques orientaux constitue une réelle pierre d’achoppement dans les relations avec les orthodoxes. L’annulation de la rencontre prévue à Vienne entre le pape et le patriarche de Moscou n’a donc fait que relancer davantage l’engagement catholique pour le dialogue.
L’archevêque Datev Sarkissian participait à cette assemblée, où il représentait le Catholicos de tous les Arméniens, Sa Sainteté Karekin I. Le pape a souligné cette présence et a adressé au Catholicos une salutation «fraternelle» en évoquant sa visite «cordiale» au Vatican en décembre 1996, couronnée une déclaration commune. (apic/cip/imed/pr)




