«Les questions les plus difficiles de l’œcuménisme sont des questions de prestige! " Le cardinal Franz König a su garder son franc-parler. Répondant aux journalistes à l’occasion du 2e Rassemblement œcuménique européen, l’ancien archevêque de Vienne estim
«Ce que je sais personnellement, c’est seulement que Jean Paul II désire vraiment rencontrer le patriarche de Moscou. Il semble qu’Alexis soit intéressé à parler avec le pape, mais certains membres du Synode orthodoxe y sont fortement opposés. Je suis très étonné de la tendance anti-occidentale qui s’est développée ces dernières années dans l’Eglise russe. Pour certains responsables, l’Occident représente l’influence néfaste du siècle des Lumières, Hitler, le nazisme et la deuxième guerre mondiale. C’est une attitude très émotionnelle», explique le cardinal autrichien.
Pour Franz König, les faits de prosélytisme dont se sont rendus coupables les catholiques en terre orthodoxe restent des cas isolés. Il plaide quant à lui pour un rapprochement à la base permettant de parler d’une seule voix et de s’opposer ensemble à l’agression des sectes et surtout à la montée de l’indifférence religieuse. Mais il faudrait pour cela une impulsion forte qui semble manquer aujourd’hui.
L’incompréhension mutuelle entre l’Est et l’Ouest
Les difficultés actuelles entre l’Est et l’Ouest résultent surtout d’une incompréhension mutuelle: après la chute du communisme, l’Est a pensé que de l’aide viendrait de l’Ouest. De son côté l’Ouest a cru qu’avec le retour de la démocratie et du libre marché, les problèmes devraient se résoudre d’eux-mêmes.
Aux yeux de l’ancien archevêque de Vienne, qui a joué au temps de la guerre froide un rôle important dans l’»Ostpolitik» de l’Eglise catholique à partir de la plaque tournante que représentait la capitale autrichienne, Graz est une excellente occasion de dialogue, car les représentants des pays de l’Est y sont très nombreux (Ainsi les Roumains, avec près d’un millier de personnes, constituent la plus forte délégation, ndlr). Et le cardinal König de souligner que le climat de dialogue et la discussion sur des sujets extrêmement variés sont probablement plus importants que le contenu du document final. «Graz doit donner des impulsions, il ne faut pas en attendre des résultats spectaculaires immédiats». (apic/mp/be)




