Réforme du gouvernement largement soutenue
Afrique du Sud: Les éducateurs religieux approuvent la réforme de l’enseignement
East London, Afrique du Sud, 5 mai 1997 (APIC) – Les organismes d’enseignement religieux d’Afrique du Sud ont décidé de soutenir la réforme du système éducatif proposée par le gouvernement, et d’abandonner le système de «l’éducation nationale chrétienne» appliqué au moment de l’apartheid, parce que dépassé aujourd’hui, estiment-ils.
Le ministre de l’Education, Sibusiso Bengu, vient d’annoncer le «programme scolaire 2005», un programme basé sur les résultats, semblable a` ceux mis en place en Australie et aux Pays-Bas, par exemple, pour préparer les élèves à «être des penseurs critiques, capables de raisonner, de réfléchir et d’agir.
Durant le système de l’apartheid, les élèves devaient, en temps d’examen, «régurgiter» ce qu’ils avaient appris dans leurs manuels, et n’étaient pas encouragés à penser ni à poser de questions. Les programmes transmettaient aussi un enseignement théorique qui ne pouvait être utilisé hors de la classe.
Sous l’apartheid, «chrétien» signifiait généralement orienté vers le calvinisme. Quant au mot «national», il correspondait aux aspirations nationalistes des Afrikaners blancs et écartait les noirs, leur culture et leur histoire.
«Nous estimons qu’il est essentiel que notre éducation chrétienne nationale, aujourd’hui dépassée, soit remplacée par un programme scolaire plus utile et adapté au contexte», souligne une déclaration de l’Institut catholique de l’éducation (CIE), de Johannesburg.
Selon Nathan Johnston, membre de l’Institut, l’Eglise catholique romaine, avec 372 écoles, est, après l’Etat, la plus grande institution d’enseignement en Afrique du Sud. Elle est suivie par l’Eglise anglicane.
Les deux Eglises ont formé un groupe mixte de travail chargé d’assurer la liaison avec le Département national de l’éducation pour les questions concernant les écoles religieuses, a-t-il déclaré.
L’enseignement religieux a aussi acquis une nouvelle dimension avec l’avènement d’un gouvernement dirigé par le Congrès national africain.
«Le statut de l’enseignement religieux, tel qu’il est présenté dans le nouveau programme donne à ceux qui l’appliquent au niveau local la liberté de créer quelque chose de nouveau et de répondre aux besoins des élèves», précise la déclaration. «Par ailleurs, il permet de sortir d’un passé inconfortable où l’on dispensait une éducation religieuse rigoriste. C’est un vote pour le pluralisme», dit-on.
L’instruction religieuse s’inscrira dans le contexte de la vie et du développement personnel et social. Elle répondra au besoin des élèves de comprendre leur religion et de respecter les croyances et valeurs des autres. (apic/eni/pr)




