Le président ougandais n’est pas disposé à traiter avec les rebelles

«On ne transige pas avec le diable»

Kampala, 8 mai 1997 (APIC) Le président ougandais Yoweri Museveni a rejeté à nouveau l’appel lancé par des ecclésiastiques et des politiciens à entamer des négociations de paix avec les rebelles de l’Armée de la réésistance du Seigneur en lutte contre le gouvernement dans le nord du pays. «On ne transige pas avec le diable» affirme-t-il.

Lors de l’ouverture de la session du Parlement ougandais à Kampala le 2 mai, le président Museveni a comparé le leader de l’Armée de la résistance du Seigneur (LRA), Joseph Kony, à «Satan» et ajouté qu’il n’était pas prêt à transiger avec le «diable». «Des responsables religieux et des politiciens me demandent de transiger avec Satan», a-t-il dit. «Mais je ne pense pas que les victimes des actions diaboliques de Kony me pardonneront si j’accepte de négocier avec ces bandits.»

L’Armée de la résistance du Seigneur est dirigée par Joseph Kony, un ancien catéchiste catholique, qui mêle sorcellerie et religion et déclare vouloir renverser le régime actuel pour le remplacer par un gouvernement fondé, prétend-il, sur les dix commandements de la Bible. Les rebelles de la LRA sont accusés d’avoir enlevé des centaines d’enfants dans le nord du pays et d’avoir commis des atrocités, entr autres des viols d’enfants, des mutilations, des pillages et des assassinats aveugles.

Les responsables des Eglises catholique, protestantes et anglicane de l’Ouganda, et des dirigeants musulmans ont appelé le gouvernement à accepter des pourparlers de paix avec les rebelles. Mais celui-ci, qui affirme que les efforts pour trouver un règlement pacifique du conflit ont échoué, s’est déclaré décidé à poursuivre sa lutte contre les rebelles jusqu’à leur élimination.

Au parlement, le président Museveni a qualifié Kony et les chefs rebelles de «parasites de la société», et les a accusés de lutter pour leur enrichissement personnel et d’avoir un style de vie qu’ils ne pourraient pas s’offrir par «des moyens légaux». Pour le président, il ne serait pas sage de laisser les méfaits des rebelles impunis: «Et si cela encourageait d’autres à faire de même et à piller pour trouver des fonds? Quand notre société pourra-t-elle vraiment se consacrer à son développement? De toute façon, ces criminels ne se sont pas seulement livrés au pillage mais ils ont tué des milliers de personnes», a déclaré le président.

La position de son gouvernement, a-t-il dit, est d’obtenir le respect de la constitution par la force des armes. «Capituler devant le mal et le crime est faux», a-t-il conclu. (apic/eni/mp)

6 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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