Désamorcer les tensions en Ukraine
Bari: Réunion bilatérale entre le patriarcat orthodoxe de Moscou et le Vatican
Bari, 14 mai 1997 (APIC) Quatre ans après les accords de Balamand entre orthodoxes et catholiques force est de constater que les principes adoptés alors ne sont pas appliqués de manière satisfaisante et que les tensions demeurent entre les deux Eglises, notamment en Ukraine. Un rencontre bilatérale entre catholiques et orthodoxes tenue les 7 et 8 mai à Bari, dans le sud de l’Italie a permis de définir sept résolutions en vue d’apaiser les tensions.
«Le fait de pouvoir désamorcer le plus vite possible les tensions qui existent en Ukraine revêt une signification particulière pour la normalisation des relations entre les orthodoxes et les catholiques au moment ou ils s’apprêtent à célébrer le grand Jubile de la venue du Christ dans le monde» indique le 13 mai, un communique de presse, publie par le Vatican.
Cette réunion qui appartient à un cycle de rencontres annuelles entre ces deux structures a été totalement centrée sur la question ukrainienne et les moyens de surmonter la crise.
Les délégations orthodoxe et catholique sont tombées d’accord sur sept résolutions. Les orthodoxes étaient conduits par le métropolite Kirill de Smolensk et de Kalliningrad, président du «département pour les relations ecclésiastiques externes du patriarcat de Moscou les catholique étaient placés sous la responsabilité du Cardinal Edward Cassidy, président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens. Des représentants de l’Eglise orthodoxe ukrainienne et de l’Eglise gréco-catholique en Ukraine Occidentale et en Transcarpathie étaient également présents
«Mettre en acte des initiatives de réconciliation et exclure toute forme de violence, physique, verbale, ou morale» constitue la première résolution. Le communiqué cite à ce propos un passage du «document de Balamand» invitant à «mettre un terme a tout ce qui peut perpétrer la discorde, le mépris et la haine entre les Eglises.»
La seconde décision concerne l’analyse théologique détaillée des aspects ecclésiologiques et pastoraux du document de Balamand qui ne devrait pas devenir un «facteur de divisions nouvelles entre les fidèles de nos Eglises».
Les deux parties ont en outre qualifié d’inadmissible le fait qu’apparaissent dans les moyens de communications sociales, et spécialement dans la presse ecclésiastique, des propos dictes par l’esprit de nationalisme et d’intolérance confessionnelle. Ils ont exhorte les fidèles des deux Eglises de s’abstenir de toute déclaration tranchée et insultante».
La quatrième décision demande que la solution des problèmes soit recherchée selon les normes ecclésiastiques, dans une attitude chrétienne, en évitant des interventions de l’extérieur, qui ignorent souvent les principes de la liberté religieuse et les droits, des croyants, et qui pourraient poursuivre des intérêts matériels et politiques de quelques-uns au détriment des autres .
Un règlement satisfaisant des «situations préoccupantes» en particulier à Ivano-Frankivsk, et Lviv constitue le cinqiuème objectif .
L’attitude à adopter dans les situations difficiles par exemple, lorsqu’ un même lieu sert conjointement aux gréco-catholiques et aux orthodoxes, fait l’objet de la résolution numéro 6 . Les deux parties recommandent à ce propos que soit appliqué le principe de la majorité comme l’ont prévu, en 1990, les délégations du Patriarcat de Moscou et du Saint-Siège.
La dernière décision concerne la constitution d’un groupe de travail conjoint, confié a la responsabilité de deux évêques, de chacune des Eglises, gréco-catholique et orthodoxe. Cette initiative a pour but de «dépasser les obstacles qui s’opposent à une coexistence pacifique et parvenir, la ou c’est possible, a des solutions acceptées par les deux parties.»
Commentant cette réunion dans l’avion qui le ramenait, dimanche soir, du Liban où il avait accompagné Jean-Paul II, le cardinal Cassidy a relevé l’importance de la rencontre de Bari : «Nous avions des représentants des deux Eglises, catholique et orthodoxe, d’Ukraine. On dit toujours qu’il y a des problèmes là-bas. Nous leur avons donc dit, venez en parler ensemble, une bonne fois.»
Reste à savoir si les résolutions de Bari porteront les fruits d’apaisement attendus. En avril 1996, ,à l’occasion du 350 anniversaire de l’Union de Oujgorod, le pape avait déjà demandé aux gréco-catholiques de Transcarpathie, d’avoir «le courage du pardon, une grâce qu’il faut demander avec une infatigable persévérance.» (apic/imed/mp)




