Document sur la dignité de la femme et la protection de la vie
Avortement: Fédération des Eglises protestantes de la Suisse pour la
Berne, 29 mai 1997 (APIC) Le Conseil de la Fédération des Eglises protestantes de la Suisse (FEPS) s’est prononcé mercredi pour la en matière d’avortement, laissant à la femme enceinte (ou au couple) le droit de pouvoir décider sous sa propre responsabilité d’une éventuelle interruption durant le premier tiers de la grossesse.
Le document intitulé , présenté le 28 mai à la presse à Berne, est le fruit de deux ans de travaux et de consultations sous la direction de Hans-Ulrich Germann, collaborateur scientifique de l’Institut d’éthique sociale de la FEPS. Il a été approuvé par diverses instances de la FEPS, dont sa Commission féminine et sa Commission . Après être passé deux fois en consultation au Conseil, cette déclaration – qui ne fera à l’évidence pas l’unanimité au sein des Eglises membres et du protestantisme suisse – a été adoptée le 15 mai dernier.
Le fait que ce texte sorte au même moment que la procédure de consultation sur la modification du code pénal en matière d’interruption de grossesse et que les prises de position allant dans le même sens des femmes démocrates-chrétiennes, est , a déclaré mercredi à Berne Monika Waller-Koch, membre du Conseil de la FEPS. Deux raisons ont poussé la FEPS à relancer la discussion dans les années 1994/1995, a-t-elle précisé: d’un côté l’encyclique de Jean Paul II et de l’autre l’initiative demandant la libéralisation de l’avortement de la socialiste zurichoise Häring-Binder.
Abandon de la solution des indications médicales élargie aux indications sociales
Monika Waller-Koch précise que l’abandon des positions précédentes de la FEPS – qui s’était prononcée dans les années 70 en faveur de la solution des indications médicales élargie aux indications sociales – n’avait rencontré aucun problème au sein des différents organes de la FEPS. Mme Waller-Koch est persuadée qu’un avortement n’est pas une chose prise à la légère, mais résulte dans tous les cas d’une situation de détresse morale et physique de la femme ou du couple, qu’il ne faudrait pas encore augmenter par des obstacles légaux qui ne sont plus d’époque.
La FEPS explique qu’en Suisse 75’000 à 85’000 enfants viennent au monde chaque année, tandis que 13’000 grossesses sont interrompues légalement. Quant aux avortements illégaux, ils ont . Et d’affirmer que dans l’ensemble le nombre des interruptions de grossesse a diminué dans notre pays au cours de ces dernières décennies. La disparition des interruptions illégales s’expliquerait par la pratique libérale qui s’est installée dans plusieurs cantons, bien que l’avortement soit en principe interdit en Suisse par des articles du code pénal datant de 1942.
L’avortement est toutefois possible dans des cas exceptionnels définis avec précision par le code pénal en vigueur. Quant à la diminution régulière des interruptions légales, la FEPS en voit la cause essentiellement dans l’amélioration de l’éducation sexuelle et la facilité d’accès aux moyens contraceptifs. Le document est d’avis qu’il ne faut pas s’attendre, en cas de réglementation plus libérale, à une augmentation des interruptions de grossesse. , peut-on lire dans ce texte de quatre pages.
La vie n’est pas seulement la vie biologique
, explique le document de la FEPS. Pour qui la vie humaine au sens biblique n’est pas seulement une vie biologique, mais un tout. Il faut donc lutter pour une société accueillante à l’égard des familles, des enfants et des jeunes, par l’adoption de mesures socio-politiques comme l’assurance maternité, des allocations familiales suffisantes, une prise en charge extra-familiale des enfants, de nouveaux modèles d’horaires de travail, etc.
Des controverses en vue
Interrogée par l’agence APIC, Hans-Ulrich Germann précise que l’interruption sera libre dans le premier tiers de la grossesse – >, explique H.-U. Germann. (apic/be)




