Combattre les causes et favoriser l’intégration
Berne, 15 avril 1997 (APIC) La Fédération des Eglises protestantes de la Suisse (FEPS) a présenté mardi à Berne ses lignes directrices pour une politique en matière de migrations. Par cette démarche, les Eglises entendent définir les priorités de leurs engagements et les objectifs qu’elles entendent poursuivre. L’idée centrale est de combattre les causes de la migration par des rapports Nord-Sud plus équitables et de mettre en place en Suisse une politique d’intégration efficace.
Une réflexion éthique sur les migrations ne pouvait pas être plus actuelle qu’aujourd’hui, relève la FEPS. Au moment où le pays s’interroge sur son attitude face aux réfugiés de la Deuxième Guerre mondiale. Au moment où la politique d’asile et d’immigration est en crise. Sortir de cette crise exige de développer de nouvelles perspectives. La FEPS prône une politique globale qui s’attaque aux causes en même temps qu’elle favorise l’intégration.
A priori la question de la migration paraît simple sur le plan éthique. L’Ancien Testament exhorte à de multiples reprise à ne pas opprimer l’étranger et à l’accueillir Dans le Nouveau Testament le Christ dit: > En tant que chrétiens une ligne claire nous est indiquée, relève la FEPS Les Eglises seront donc toujours confrontées à ce défi de l’accueil de l’autre, parfois en manifestant leur résistance face aux lois de l’Etat.
Les Suisses partagent aujourd’hui leur vie avec plus d’un million d’étrangers souvent établis depuis longtemps dans le pays. Ces personnes ne sont pas sans protection mais ne bénéficient pas de même droits que les Suisses. On leur refuse par exemple tout accès à la vie politique. Peut-on se permettre à long terme d’exclure un sixième de la population de la responsabilité des affaires publiques ? s’interroge la FEPS.
La migration : l’expression d’un cercle vicieux l
La réponse à ces défis, au yeux de la FEPS, passe par trois voies. La première est celle de la politique d’intégration permettant aux étrangers vivant en Suisse un accès égal à l’ensemble des ressources de la société. Le deuxième volet est la politique d’admission. Il ne s’agit pas d’ouvrir les frontières à tout le monde , comme on le reproche parfois aux Eglises, mais de définir des critères qui tiennent compte non seulement des considérations de politique nationale ou européenne, mais aussi de la responsabilité politique et humanitaire de la Suisse. Enfin la politique étrangère doit permettre de lutter de manière plus concrètes contre les cause de l’immigration.
La FEPS propose une série de mesures concrètes pour l’intégration. qui vont de la création d’un Office fédéral de l’intégration, au droit de vote pour les étrangers en passant par le regroupement familial, la suppression du statut de saisonniers et la naturalisation facilitée.
Une attention particulière doit être accordée aux femmes qui subissent souvent des discriminations supplémentaires, plaide en outre la FEPS. Il faut notamment veiller à les protéger contre l’exploitation, contribuer à leur formation, créer une autorisation de séjour indépendante de l’état-civil.
Les sans-papiers forment une catégorie d’étrangers encore plus précarisée que les autres. La FEPS met en garde contre toute solution arbitraire. qui refuserait notamment de voir les causes cachées de l’immigration clandestine.
Au plan de la politique étrangère la FEPS préconise une politique de paix, un engagement pour le désarmement, la promotion de la démocratie et le respect des droits de l’homme. L’aspect d’un développement durable joue aussi évidemment un rôle primordial. Enfin l’adhésion de la Suisse à l’ONU et à l’Union européenne devrait permettre une action concertée plus efficace. (apic/mp)




