Albanie: les évêques en appellent aux «patriotes»
Le pire évité, il faut construire «un avenir sûr»
Rome, 17 avril 1997 (APIC) «L’Albanie devra et ne pourra être construite que par les Albanais et de leurs mains» : c’est ce que soulignent les évêques catholiques d’Albanie dans un appel rédigé au lendemain d’une réunion tenue le 9 avril dernier à Lezha. Un appel adressé aux «patriotes», mais aussi à l’Europe, à laquelle le pays appartient «géographiquement et historiquement».
Mgr Rrok Mirdita, évêque de Durrës-Tirana et président de la Conférence épiscopale, ainsi que les prélats dAlbanie lancent leur appel pour inviter «tous les patriotes, sans distinction», à rétablir la paix dans le pays par la réconciliation et le dialogue «avec toutes les forces responsables de la société», selon les termes de Jean-Paul II.
Les évêques se disent heureux que «le pire», à savoir la guerre civile, ait pu être évité. Mais en vue de construire le «bien commun» et un «avenir sûr», il faudra rétablir l’ordre public par les moyens légaux, écrivent-ils, de façon à «restaurer la confiance dans les institutions légitimes de l’Etat». Ce «long processus de reconstruction» exclut le recours à la violence, mais aussi toute solution hâtive, qui comporterait le risque de nouvelles crises, souligne le message. Les évêques y opposent l’éducation de la conscience personnelle, afin que chacun se rende compte de ses droits et de ses devoirs, et en particulier «la conscience professionnelle».
Le pays a besoin «de personnes consciencieuses» qui s’engagent avec «justice, transparence et dévouement», insistent les évêques, tandis que la corruption «porte à la destruction».
Les évêques remercient les missionnaires qui sont restés dans le pays en difficulté, ainsi que les personnes qui protègent les églises et les centres pastoraux. Ils soulignent en particulier l’aide venue des fidèles des communautés orthodoxes et musulmane: «Un témoignage de la bien connue unité nationale du peuple albanais en période de crise». Les évêques n’en expriment pas moins leurs regrets face à ce que des religieux et religieuses ont eu à souffrir et demandent la réparation des dommages matériels.
Les évêques lancent surtout un appel à l’Europe, à laquelle le pays appartient «géographiquement et historiquement», et à l’aide des «pays amis». Ils réclament «d’importants investissements» pour assurer le développement économique du pays, ainsi qu’une aide «spirituelle» pour favoriser «l’éducation à la vraie démocratie».
Concernant les secours humanitaires, les évêques demandent que l’aide ne soit pas tributaire des facilités de distribution, mais satisfasse «les besoins de chaque région, sans discrimination». Ils soulignent enfin qu’un contrôle de l’émigration est aussi un moyen de sortir de la crise, surtout l’émigration saisonnière qui contribue à diminuer le chômage dans le pays. (apic/cip/imed/pr)




