Le message passe, estime le porte-parole du Vatican

Rome: L’Eglise face aux médias

Rome, 30 avril 1997 (APIC)»Ces trente dernières années, on a enregistré des progrès notables dans les relations entre les médias et l’Eglise catholique», estime Joaquin Navarro Valls, porte-parole du Saint-Siège.

Prenant la parole lors de la session finale du congrès organisé par l’Athénée pontifical Santa-Croce (Opus Dei) sur «Une Eglise qui communique : méthodes, valeurs et professionnalisme», le directeur de la salle de presse du Vatican a admis que cela ne signifie pas que la presse soit toujours favorable au message de l’Eglise. Mais ce qui est important, a-t-il souligné, «c’est que, même à travers la critique, le message passe», et «passe même si bien qu’il anime la critique».

J. Navarro-Valls a rappelé les réésultats positifs d’une étude menée par son service: en 1985, 80 % de l’information mondiale sur le Saint-Siège venait de sources non identifiables, et seulement 20% de sources officielles. Après dix ans de travail de la salle de presse, on constate un renversement des proportions.

L’accélération de l’information n’est pas la seule raison de ce changement, selon J. Navarro Valls, qui souligne «l’extraordinaire capacité de ce Pape d’imposer un «thème» à l’attention de l’opinion publique mondiale, en faisant que le débat se concentre sur son point de vue».

Et de citer le cas des Conférences internationales du Caire et de Pékin, ou encore l’avortement qui, peu à peu, est discuté par tous sous l’angle des droits de l’homme. Ce déplacement est dû à la prise de parole du pape, mais celle-ci est ensuite relayée par les interventions des délégués du Saint-Siège auprès des organisations internationales et des évêques. Enfin lors de la publication des encycliques «Evangelium Vitae» (sur le respect de la vie huaine) ou «Centesimus annus» (sur la doctrine sociale de l’Eglise), le Saint-Siège a réussi à faire réfléchir un ou deux jours sur ces thèmes, les «imposant» en quelque sorte au super-marché mondial des idées que sont les médias, a déclaré J. Navarro-Valls.

Une institution qui se veut transparente

Le rôle d’un porte-parole officiel de l’Eglise ou du responsable d’un bureau de communication sociales doit donc refléter de plus en plus une institution qui se veut transparente – «une maison de verre», selon l’expression du pape. Tel était le but du congrès, a conclu J. Navarro Valls: contribuer à surmonter le manque de confiance entre l’Eglise et les médias. Car la situation de l’Eglise qui communique reste difficile, a souligné Thomas L. Mammoser, directeur de la Corporate Communication Walgreen, pour qui le monde des médias a été «donné» aux ennemis du Christ «à cause de notre négligence et de notre incapacité à nous y engager». Le vaticaniste Luigi Accatoli, journaliste au quotidien «Il Corriere della Sera», a souligné pour sa part que naguère le journaliste d’information religieuse se heurtait à un préjugé «laïc», mais qu’aujourd’hui il se heurte à un préjugé «commercial»: intéresse la nouvelle qui se vend.

Mgr John P. Foley, président du Conseil pontifical pour les communications sociales, a souligné l’intérêt des publications de son dicastère. Il traitent de la violence et de la pornographie dans les médias (1989) ou de l’éthique dans la publicité (1997), en passant par la question de la coopération œcuménique dans les médias, celle de la formation de futurs prêtres dans le domaine des communications ou de la nécessaire planification dans ce domaine (1992, «Aetatis Novae»). Mais le travail du Conseil touche aussi l’industrie du film, la télévision, les contacts avec les organismes catholiques de communication. (apic/cip/imed/mp)

6 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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