Bruxelles: Brochure de Noël du cardinal Danneels : «Le Père»

«Vous n’avez qu’un seul Père et vous êtes tous frères !  »

Bruxelles, 16 décembre 1998 (APIC)Pour sa traditionnelle brochure de Noël, le cardinal Godfried Danneels, archevêque de Malines-Bruxelles, propose une réflexion centrée le thème de la dernière année préparatoire au Jubilé de l’an 2000: «Dieu le Père».

A en juger par l’expérience quotidienne, mais aussi par la littérature et surtout par le cinéma, l’archevêque de Malines-Bruxelles observe une réelle «crise de l’image du père» dans la société actuelle. On y voit, entre autres, des pères indignes, ou faibles, ou despotes, ou maternants… On y voit des paternités «disloquées», l’homme qui assume la paternité symbolique pour l’enfant pouvant être différent du père géniteur, ou encore différent du compagnon actuel de la mère.

Cette paternité «désintégrée» ne voue-t-elle pas l’enfant à une vie «sans père ni repère»? Le père naturel a beau être présent, s’il n’assume pas sa fonction de père, peut-elle encore libérer l’enfant de la «toute-puissance de la mère»? Le cardinal s’interroge au vu de l’évolution de la société, où si souvent, écrit-il, «l’individu se hisse au niveau d’une sorte de dieu-homme».

Le Père congédié: l’image vaut aussi pour Dieu qui, déplore le cardinal Danneels, n’est même plus «un adversaire à combattre», mais «une figure pâle et anémique à laquelle plus personne ne s’intéresse».

Le miroir brisé n’offre qu’un pâle reflet de la vraie paternité. Tout autre, montre l’archevêque, est le langage de la Bible: elle n’est «rien d’autre que la révélation progressive de la paternité de Dieu, depuis la création jusqu’à l’achèvement». Cette révélation culmine en Jésus: «Dieu, nul ne l’a jamais vu; le Fils unique, qui est tourné vers le sein du Père, lui l’a fait connaître» (Jn 1,18).

La brochure peut être commandée auprès du Service de Presse de l’Archevêché, Wollemarkt 15 à 2800Mechelen (tél. 015/21.65.01 ; fax 015/20.94.85 ; E-Mail: archeveche@catho.be).

Chine: l’Eglise catholique «officielle» se prépare à uniformiser la liturgie à travers le pays

Pour appliquer la réforme liturgique de Vatican II

Pékin 16 décembre 1998 (APIC) La commission liturgique nationale de la Conférence épiscopale catholique «officielle» chinoise, réunie depuis mi-décembre, prépare le lancement d’une réforme liturgique d’importance destinée à uniformiser les pratiques diverses dans tout le pays. Selon ses concepteurs, le but de cette réforme est de placer davantage l’Eglise de Chine au sein de l’Eglise universelle.

Après la libéralisation religieuse qui a suivi l’épilogue de la Révolution culturelle à la fin des années 70 des pratiques parfois très diverses se sont mises en place. Certains catholiques sont restés fidèles aux normes préconciliaires avec la célébration en latin, d’autres ont essayé d’introduire les réformes de Vatican II et célèbrent en chinois.

La première tâche de la commission sera de préparer un rituel des sacrements et un missel du dimanche en s’inspirant de ce qui a déjà été fait à Hongkong et à Taiwan, explique le Père Ma Yinglin, secrétaire général de la Conférence épiscopale. Mgr Antoine Li Du’an, évêque de Xi’an et président de la commission liturgique de la Conférence épiscopale précise cependant que cette réforme nécessitera plusieurs années. La commission publiera d’abord une édition d’essai avant de faire un texte définitif qui deviendra normatif pour tout le pays.

Davantage de participation des laïcs

Après la prise de pouvoir par les communistes en 1949 et une sévère persécution du christianisme dans les années suivantes, l’Eglise catholique de Chine avait été forcée de dénoncer ses relations avec le Vatican en 1957. Elle était donc absente du concile Vatican II de1963 à 1965 qui a mis en oeuvre la réforme liturgique.

«Beaucoup de célébrations eucharistiques en Chine demeurent rigides et ennuyeuses parce qu’il n’y a pas d’interaction entre le célébrant et les participants, alors que le nouvel esprit de la liturgie voudrait qu’il y ait davantage de participation des laïcs et que la célébration soit vivante tout en conservant son mystère», estime le Père. Zhen Xuebin, du diocèse de Pékin, qui a étudié la liturgie aux Etats-Unis et enseigne aujourd’hui au séminaire de la capitale chinoise. «Les changements se sont souvent limités à l’utilisation des langues vernaculaires et d’un certain nombre de gestes, mais ils n’ont pas pris en compte l’esprit nouveau de la réforme liturgique.»

Quand les catholiques de Chine ont reçu la permission de pratiquer leur foi ouvertement à la fin des années 70, la plupart d’entre eux ne savaient rien des réformes liturgiques demandées par le concile Vatican II. Beaucoup de catholiques âgés, y compris des évêques et des prêtres, ne pouvaient pas accepter cette modernisation tout d’un coup. Souvent le latin a été maintenu, au moins pour les célébrations les plus importantes. En beaucoup d’endroits, les fidèles insistent pour s’agenouiller et recevoir la communion sur la langue, même si la communion dans la main est devenue habituelle partout à travers le monde. (apic/eda/mp)

27 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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