Pour une solution humaine et digne
Requérants d’asile et sans-papiers en Belgique: Déclaration des religieux et religieuses
Bruxelles, 21 décembre 1998 (APIC) A l’approche de Noël, et au lendemain du 50e anniversaire de la Déclaration universelle des Droits de l’homme, les représentants des religieux et des religieuses de Belgique ont publié, le 21 décembre, une déclaration commune concernant les requérants d’asile et les sans-papiers.
Par cette déclaration, les religieux et les religieuses souhaitent «faire part de leur préoccupation» devant le sort réservé en Belgique «aux demandeurs d’asile déboutés et autres sans-papiers». Ils expriment aussi «leur solidarité avec ceux d’entre eux qui, pour crier leur abandon, ont trouvé refuge dans des églises et autres lieux publics, et avec les communautés qui les accueillent». Enfin, ils interpellent les responsables politiques pour qu’ils s’activent à apporter «une solution humaine et digne à ces solutions de détresse».
Respect et accueil avant tout
La déclaration est publiée trois mois après la mort de la jeune Nigériane Semira Adamu, suite à une tentative d’expulsion forcée du territoire belge. Or, écrivent les religieux et les religieuses, «la réponse des pouvoirs publics à l’émotion soulevée par la mort de Semira Adamu et aux appels des personnes concernées ainsi que des nombreux services, associations et mouvements qui les soutiennent, a été jusqu’ici évasive et décevante».
C’est pourquoi les représentants de la vie religieuse insistent «pour que, sans confondre différents problèmes et accordant à chacun l’importance qu’il mérite, les autorités accueillent aujourd’hui avec réalisme et générosité les personnes déplacées par des conflits collectifs comme celui du Kosovo; veillent à l’amélioration et à un contrôle démocratique permanent du fonctionnement des procédures d’asile; acceptent de procéder rapidement et dans un esprit d’ouverture et d’humanité à des régularisations qui mettent fin à tant de situations bloquées, génératrices de misère».
«La complexité des problèmes juridiques et le poids des administrations sont trop souvent aggravés par la méfiance généralisée et la volonté de dissuasion», expliquent encore les responsables religieux. Il leur semble que, pour tout ce qui concerne l’accès des étrangers au territoire belge, «le respect de la personne humaine et l’esprit d’accueil doivent retrouver le premier rang».
Le 12 novembre dernier, dans leur «Communication sur l’accueil des réfugiés», les évêques de Belgique, se référant à leur Déclaration de novembre 1995 sur «Migrants et réfugiés parmi nous», avaient de nouveau recommandé une régularisation des personnes sans-papiers séjournant depuis longtemps en Belgique, tout en plaidant pour des solutions durables. (apic/cip/pr)




