Sion: Mgr Nobert Brunner lance un appel pour accueillir les réfugiés du Kosovo
«N’attendons pas que les autres ouvrent leur cœur»
Sion, 1er novembre 1998 (APIC) Mgr Norbert Brunner, évêque de Sion, a lancé dimanche, fête de la Toussaint, un appel aux chrétiens du Valais pour «qu’ils ouvrent leurs portes aux réfugiés du Kosovo, des gens qui vivent une détresse extrême et qui viennent frapper chez nous pour implorer notre aide».
«Le regard inquiet d’un père de famille, les larmes d’une mère préoccupée par ses enfants, des visages de tout petits qui osent à peine encore exprimer un peu d’espoir. Ces images font le tour du monde et pénètrent jusque dans nos maisons. Pouvons-nous rester insensibles face à tant de détresses et laisser parler encore notre prudence, notre réticence ou tout simplement notre cœur?», s’interroge d’abord l’évêque de Sion.
Mgr Brunner rappelle ensuite que les Eglises, au cours des siècles, ont énormément insisté sur l’accueil. Elles ont fait preuve de solidarité avec les pauvres, les réfugiés et les persécutés. Cette vision est d’ailleurs tellement ancrée dans les mentalités que tous les édifices religieux étaient considérés autrefois comme des «refuges inviolables» que les autorités politiques elles-mêmes respectaient.
«Nous, chrétiens du Valais, insiste Mgr Brunner, sommes justement confrontés à cette réalité. Voilà que des hommes et des femmes, des familles entières provenant surtout du Kosovo, ont dû quitter leur pays et viennent chercher aujourd’hui refuge chez nous. Comment allons-nous réagir?». Certes, il est vrai que telle famille ou telle communauté hésite beaucoup quand il s’agit d’accueillir effectivement une famille ou un petit groupe de personnes en détresse. C’est sans doute là l’expression d’une certaine retenue naturelle. Mais l’évêque de Sion évoque encore une autre cause: «Cela ne provient-il pas peut-être aussi du fait que l’on a entendu parler de criminalité élevée parmi les «requérants d’asile?»
Et Mgr Norbert Brunner d’interpeller ses diocésains: «Néanmoins, face à ces hommes et des femmes en détresse, persécutée et apatrides, pouvons-nous en tant que chrétiens, donner une autre réponse que celle d’une solidarité authentique et généreuse?» Et d’affirmer en conclusion: «Nous ne devons pas refuser cette aide à de véritables réfugiés sous prétexte que certains d’entre eux sont des immigrés illégaux ou qu’ils ont abusé de notre hospitalité. Les autorités civiles font tout pour circonvenir de tels abus. C’est à elles aussi qu’il revient d’assumer les formalités légales d’admission. Fidèles à l’esprit de l’Evangile, nous sommes appelés à les recevoir avec un cœur bienveillant et fraternel. Et surtout n’attendons pas que les autres ouvrent leur cœur. Commençons par ouvrir le nôtre!»(apic/com/ba)




