Brésil: 1ère rencontre d’enfants sans terres et sans toits à Sao Paulo

«Le Brésil que nous voulons»

Sao Paulo, 5 novembre 1998 (APIC) Près de 800 enfants, entre 7 et 12 ans, fils et filles des pysans sans terres et des personnes sans toits de l’Etat de Sao Paulo au Brésil se sont retrouvés trois jours cette semaine, pour la première fois, en vue de créer leur propre mouvement. Thème de la rencontre: «Le Brésil que nous voulons».

Organisé par le Mouvement des paysans sans terre (MST), la Centrale des mouvements populaires (CMP) et le Mouvement des travailleurs sans toits (MTST) et l’Université de Sao Paulo, ce rassemblement veut favoriser l’intégration des enfants qui vient à la campagne et ceux qui habitent les villes.

Après la réalisation de diverses ateliers, les enfants se sont retrouvés dans la rue en manifestant par des pancartes et des slogans leurs revendications. Ils ont élaboré un manifeste qui a été remis au secrétaire du ministère de l’Education de l’Etat de Sao Paulo et à l’Institut de colonisation et de réforme agraire de l’Etat fédéral. Ils exigent entre autres que des autorités politiques libèrent de l’argent pour que des écoles, des dispensaires et des centres de loisirs soient édifiés le plus rapidement possible, spécialement dans les endroits où les paysans sans terre occupent des terres.

Les enfants s’expriment concrètement

Le manifeste commence par décrire la situation d’aujourd’hui. La première partie s’intitule «Le Brésil que nous avons». Le document s’éloigne de la langue de bois en insérant les propres mots ou phrases des enfants. On y trouve aussi bien «les politiciens doivent cesser de mentir pour se mettre à construire davantage d’écoles, d’hôpitaux et de maisons décentes» que la description concrète de leur environnement: «Nous sommes fatigués d’être obligés de vivre avec nos oncles et nos grands-parents dans des baraques faites de vieux cartons ou de terre , sans lumière électrique et sans eau à la maison. Quand il pleut , il y a des gouttières partout qui mouillent tout à l’intérieur. Nous en avons assez d’égouts à ciel ouvert au milieu de la rue, parfois remplis de rats».

Ou encore: «Lorsque nos parents vont travailler, ils nous laissent enfermés dans notre baraque car il a des personnes qui viennent voler des enfants ou donnent des bonbons avec des drogues. A travers les trous de la paroi, nous voyons la police qui court dans le quartier n’hésitant pas à tirer ou à battre des hommes qui rentrent du travail. Quand nous luttons pour demander la terre, le gouvernement envoie un bataillon de policiers avec des chiens et avec leurs armes menaçantes nous obligent à sortir sur la rue».

D’autres parlent du salaire de leurs parents: «Le salaire que nos parents gagnent est très bas, au maximum 130 réais (120 dollars) par mois. Cà ne suffit pas vraiment pas. J’aimerais voir si le président Cardoso vivre avec ce tout petit salaire. Je ne crois pas que notre président arriverait à survivre».

La deuxième partie du manifeste présente le Brésil que les enfants souhaitent. Tout devient alors beau, joli, avec beaucoup d’idéalisme:  » En premier lieu, j’aimerais que dire que mon pays est beau. Nous voulons un Brésil sans faim et sans massacres». Un autre participant insiste: «Mon pays a besoin d’un gouvernement honnête. Je veux un président qui ne laisse aucun enfant mourir de faim»:. Nous pensons que les gens du gouvernement devraient moins parler et agir davantage en traitant tout le monde de la même façon qu’il soit pauvre ou moins pauvre, qu’il soit blanc, noir ou indien. Nous voulons un pays différent .Ce Brésil-là, nous ne voulons pas trop attendre. Il faut agir maintenant». (apic/plp/ba)

27 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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