Suisse: Pétition de la Communauté de travail des œuvres suisses d’entraide

83’584 signatures pour la «Fondation Suisse Solidaire»

Berne, 6 novembre 1998 (APIC) La «Fondation Suisse solidaire» doit être mise sur pied le plus rapidement possible. C’est ce que réclament les œuvres suisses d’entraide avec à l’appui une pétition munie de 83’584 signatures. Lilian Uchtenhagen, présidente de Swissaid, a remis vendredi matin à Berne la pétition au président du Conseil national Ernst Leuenberger lors d’une brève cérémonie au Palais fédéral.

Le petit char trimbalant dans les rues de Berne un monceau de lingots d’or (en chocolat !) n’a pas manqué de susciter les regards et les envies des passants. Sous les lingots… les cartons de signatures. Un bon moyen de rappeler ce que doit être la Fondation Suisse solidaire.

C’est en novembre 1997 que la Communauté de travail Swissaid, Action de Carême, Pain pour le Prochain, Helvetas, Caritas a lancé cette pétition pour manifester le soutien populaire à la proposition du Conseil fédéral de créer une fondation de solidarité en utilisant une partie des réserves d’or de la Banque nationale. Dotée de 7 milliards de francs la «Fondation Suisse solidaire» devrait produire chaque année plusieurs centaines de millions de francs à répartir pour moitié en Suisse et pour moitié à l’étranger.

Le projet est mûr

Les 83’584 signatures montrent que le projet est mûr, malgré les réticences voire l’opposition de certains milieux politiques, souligne Peter Niggli, directeur de la Communauté de travail. Le Conseil fédéral et le parlement doivent aller de l’avant afin que le peuple suisse puisse se prononcer sur la création de cette fondation en l’an 2000.

Pour Lilian Uchtenhagen, la solidarité n’est pas seulement un engagement individuel, mais un devoir politique. A l’heure de la globalisation, les Etats doivent fixer des cadres et définir les règles du jeu nécessaires. Sans un minimum de sécurité sociale assurant à chaque personne une subsistance, un toit et des soins de santé, la survie d’un Etat libéral ou d’une économie de marché libérale est quasiment impensable. Le slogan «davantage de marché, moins d’Etat» entrave le développement. Et la Suisse n’échappera pas à ses responsabilités à moins de «construire à sa frontière un mur d’une centaine de mètres de hauteur». Pour l’ancienne candidate au Conseil fédéral, les nombreuses fêtes et les beaux discours qui ont émaillé les 150 ans de l’Etat fédéral ne suffisent pas. Devant l’urgence de la situation, il faut agir.

Campagne Nord-Sud pour un développement durable

Le dépôt de la pétition signifie aussi la clôture de la Campagne Nord Sud pour un développement durable menée depuis deux ans par la Communauté de travail. Pour son responsable, Ueli Halder, le résultat est positif même si toutes les idées n’ont pas été réalisées. Si du côté de la population et des hommes politiques l’idée assez complexe du développement durable commence à passer, l’écho dans les milieux économiques est resté modeste, reconnaît Ueli Halder.

Le «manifeste Nord-Sud», avec ses 21 thèses sur le rôle de la Suisse en marche vers le XXIe siècle, a servi de programme de référence tout au long de la campagne. La Conférence Nord-Sud pour le développement durable, qui a réuni fin mai au Palais fédéral plus de 800 participants d’une quarantaine de pays, a sans doute été un point fort. Cette rencontre a confirmé combien les questions Nord-Sud restent d’actualité.

La démarche a été complété par une série d’échanges avec les milieux politiques et économiques ainsi que par trois voyages de parlementaires fédéraux en Colombie, en Afrique du Sud et au Kirghizistan. La «Revue Sud» a par ailleurs publié six numéros thématiques consacrés aux divers aspects des relations Nord-Sud. (apic/mp)

27 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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