New-York: Mgr Renato Martino dénonce les injustices dont sont victimes les réfugiés
«Abominables nouvelles techniques d’extermination»
New-York, 12 novembre 1998 (APIC) Lors du rapport mercredi du haut-commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés, Mgr Renato Martino, observateur permanent du Saint-Siège à l’ONU, a dénoncé, d’une part, les injustices dont sont victimes les réfugiés ou les personnes déplacées à l’intérieur même des frontières de leurs pays et d’autre part, le commerce d’armes qui alimente les conflits.
Mgr Martino a déploré «la stratégie immorale de la purification ethnique», les «tentatives impunies d’annihiler totalement des communautés», et «la poursuite armée de personnes déplacées jusqu’à ce quelles meurent d’épuisement».
Il a rappelé que les populations menacées par la faim, les épidémies, et les violations des droits de l’homme, sont majoritairement composées de femmes, d’enfants et de personnes âgées. Il a dénoncé toutes les «violations de la loi humanitaire internationale» et plus particulièrement les «attaques des camps de réfugiés» et le fait qu’ils soient transformés en «repaires de criminels». Il n’a oublié ni le blocage de l’aide humanitaire destinée à des populations affamées, ni l’assassinat ou la prise en otage de travailleurs humanitaires.
Pour Mgr Martino, l’aide humanitaire doit cependant être considérée comme une solution seulement temporaire. Il a souligné que «le meilleur moyen de prévenir les conflits» qui provoquent ces mouvements de population est de garantir «le respect de la dignité de la personne humaine et des droits de l’homme». Et de donner un coup d’arrêt au commerce international des armes.
Alors que la communauté internationale n’a pas assez de fonds pour assurer l’aide humanitaire nécessaire, il fait remarquer «qu’aucun des champs de bataille ne manque d’armes». «Les armes, voilà ce que les pays en guerre ont en abondance!», a lancé Mgr Martino. Avant d’ajouter que dans ce domaine certains pays se montrent particulièrement «généreux».
Enfin, le repréésentant du Saint-Siège a rappelé les causes économiques, ethniques et sociales qui sont à l’origine de déplacements de populations. «Des groupes minoritaires deviennent les principales victimes des crises économiques. Les remèdes ne sont pas le monopole des Etats, ils sont aussi de la responsabilité de la communauté internationale», a-t-il encore relevé.
Selon les statistiques officielles citées par Mgr Martino, dans le monde une personne sur 120 est «réfugiée» ou «déplacée», en majorité d’Afrique. Quelque 50 conflits directs ou indirects ont provoqué en dix ans plus de 50 millions de personnes «déracinées». (apic/imed/ab)




