Les premières réponses révèlent une grande diversité d’opinions
Suisse : Consultation oecuménique sur l’avenir économique et social de la suisse
Lausanne, 1er octobre 1998 (APIC) La Consultation oecuménique sur l’avenir économique et social de la Suisse lancé en janvier par la Conférence des évêques suisses (CES) et la Fédération des Eglises protestantes de la Suisse (FEPS) va bon train. La brochure contenant la base de discussion continue d’être très demandée, annonce l’équipe d’animation. 26 000 exemplaires ont déjà été vendus et un troisième tirage a été nécessaire.
Des prises de position parviennent régulièrement depuis le début de l’été au secrétariat de la consultation, lequel en a enregistré 81. Pour l’instant, le seul constat qui s’impose est que ces prises de position reflètent une grande diversité d’opinions.
Quels sont les changements sociaux et économiques qui vous inquiètent le plus? Tel est la formulation de la question N° 2. Les premières réponses montrent que les faits jugés le plus inquiétants sont la «contrainte de la réussite à court terme et à courte vue dans l’économie» qui entraîne la «diminution des places de travail et la désorientation qui en résulte, chez les jeunes surtout»; le fait que «l’économie, le commerce, la mafia soient organisés à l’échelon mondial et soient mobiles» et, face à cela, le sort des salariés liés à un endroit précis et devenus «des articles jetables»; les mutations économiques qui «s’imposent sans scrupule» et «affectent ainsi douloureusement la famille, cellule de base de l’Etat».
Inversement, la situation actuelle est aussi comprise par certains comme une phase de transition pendant laquelle la globalisation comporte des répercussions positives et négatives qui tendent à évoluer vers un équilibre. Une voix s’inquiète ainsi davantage des «jérémiades de l’Eglise» que des problèmes réels. Concernant l’attitude de l’individu, l’inquiétude a pour objet le recul de la responsabilité personnelle, et le matérialisme qui mesure tout en fonction de sa valeur monétaire.
Nouvelles formes de solidarité
Quant aux espoirs, face à la diversité des jugements – parfois contradictoires – portés sur la situation, on trouve une palette tout aussi large d’éléments encourageants. Sont désignés comme sources d’espoir l’exemple de personnes qui s’engagent vraiment pour le bien public ou de nouvelles formes tangibles de solidarité et de tolérance. Pouvoir trouver de l’aide lorsqu’on en a besoin inspire aussi confiance. A titre de «signe encourageant», on mentionne aussi «le soulèvement des chômeurs en France».
Parallèlement, certaines voix évoquent le partage du travail, ainsi qu’un changement de mentalité. Dans la situation actuelle, il n’y aurait ainsi de perspective que si la solidarité et la responsabilité prennent le pas. D’autres plaident pour la valorisation d’un mode de vie matériellement simple.
Ceux qui ne considèrent pas la situation comme dramatique relèvent les aspects positifs de la globalisation, par exemple les échanges humains et économiques qu’elle permet ou les possibilités – en principe égales – d’échanges entre le Nord et le Sud. Sur un plan plus personnel, ils relèvent le fait que «ceux qui ont la volonté et la capacité d’apprendre et d’être performants» trouvent encore leur place aujourd’hui.
La procédure continue
En juin déjà, 8 personnes se sont proposées pour prendre en main, comme groupe de lecture, une partie du travail d’évaluation de la consultation. conclusions qui seront formulées dans la dernière phase de l’évaluation. Un premier bilan intermédiaire sera dressé lors d’une conférence nationale, le 20 novembre à Berne. Le 16 janvier 1999 à Lausanne, un Forum permettra de faire connaître les résultats sur le plan régional lors d’un débat. (apic/spp/mp)




