Le nonce apostolique tourne la page
Mexique: Mgr Lona ne démissionnera pas
Mexique, 29 octobre 1998 (APIC) Le nonce apostolique au Mexique, Mgr Justo Mullor Garcia, tient pour terminé le conflit entre lui et Mgr Arturo Lona Reyes, évêque de Tehuantepec, dans la province d’Oaxaca, dans le sud-est du pays. Ce dernier avait été invité par le nonce à signer sa propre démission. Une exigence refusée par Mgr Lona. L’affaire a fait grand bruit ces dernières semaines au Mexique.
«Je ne suis pas un homme de conflit, même avec Mgr Samuel Ruiz (réd: évêque de San Cristobal de Las Casas, dans le Chiapas, dont le renoncement avait été exigé par Mgr Girolano Prigione, le prédécesseur de Mgr Mullor), nous nous sommes entendus. La tempête sur le cas de l’évêque Lona est maintenant calmée. Ne la réanimons pas», a déclaré le nonce au cours d’une messe célébrée le 22 octobre dans la cathédrale de Guadalupe.
Après la tempête déclenchée, le nonce apostolique entend tourner la page sur la demande supposée de démission dirigée contre Mgr Lona. Il a demandé aux journalistes «de ne plus faire de bruit la autour. «Nous avons tous nos bons et mauvais jours d’interprétations sur certains cas».
Le nonce a donné cette précision à des journalistes qui l’interrogeaient sur son rôle dans la controverse suscitée autour de Mgr Arturo Lona Reyes, 72 ans, qui est depuis 1971 évêque de Tehuantepec..
Mgr Mullor affirme n’avoir jamais demandé à Mgr Lona de signer un document dans lequel il offre sa démission. «Un tel document n’existe pas», a-t-il déclaré. Il existe en revanche «un document dans lequel les pleins pouvoirs sont donnés à Mgr Padilla, que nous devons examiner de temps à autre pour vérifier que les pleins pouvoirs sont exercés «.
Mgr Lona, de son côté, se dit victime de «discrimination» à cause de sa «relation connue avec la théologie des pauvres». Il maintient que le nonce est en train de céder sous la pression du gouvernement pour le mettre à l’écart en raison de son soutien aux peuples indigènes.
Coadjuteur imposé
Comme ce fut le cas pour Mgr Ruiz, dans le Chiapas, un coadjuteur a été imposé il y a deux ans à Mgr Lona. Mgr Felipe Padilla, appelé à succéder à Mgr Lona à sa retraite à l’âge de 75 ans (le 1er novembre 2000), était aussitôt chargé de l’administration du diocèse. Le conflit, latent jusque là, est apparu au grand jour quand Mgr Lona a, selon lui, été invité à démissionner.
«Mullor m’a dit que le diocèse ne pouvait plus fonctionner avec deux têtes qui pensent différemment et m’a reproché d’avoir usurpé les fonctions de mon coadjuteur en convoquant un synode, expliquait alors Mgr Lona. En fait, la hiérarchie de l’Église a peur de ce synode. Elle sait que nous allons définir une ligne pastorale en faveur des pauvres, qui prévoit notamment une mobilisation contre le méga projet néolibéral dans l’isthme de Tehuantepec. «Le Mexique envisage en effet de construire un » canal sec » (chemin de fer et autoroute) qui relierait l’Atlantique au Pacifique et ferait concurrence au canal de Panama. (apic/ciptak/pr)




