Rome: Le Sénat américain se prononcera le 18 septembre sur l’avortement tardif

Le P. Concetti s’interroge sur le veto «incompréhensible» de Clinton

Rome, 15 septembre 1998 (APIC) Bill Clinton fait l’objet de la critique du moraliste franciscain de «L’Osservatore Romano», le Père Gino Concetti. Non pour l’affaire que l’on sait. Mais bien pour le veto qu’il pourrait maintenir le 18 septembre – si le calendrier du Sénat le permet – à la proposition de loi approuvée par les deux chambres américaines le 3 janvier dernier. Cette proposition de loi entend proscrire le «partial-birth abortion» (avortement tardif). Le président américain avait en effet mis son veto le 10 avril 1996 à cette proposition de loi.

«Il est absolument incompréhensible que Clinton, par son veto, ait bloqué cette loi qui prévoit d’interdire les avortements tardifs», commente le Père Concetti.

Le moraliste franciscain de «L’Osservatore Romano» se demande, dans les colonnes du quotidien du Vatican, si le président Bill Clinton retirera son veto. L’article rappelle l’enjeu du vote du Sénat américain qui doit décider, probablement le 18 septembre, de passer outre le veto présidentiel ou non, à moins que le président lui-même ne retire son veto.

En juillet dernier, la Chambre américaine des représentants a confirmé son vote favorable à l’interdiction de ce type d’avortement. Le vote du Sénat ferait passer le projet malgré le veto du président s’il obtenait la majorité des deux tiers.

«Cette technique d’homicide, sans précédent dans l’histoire de la cruauté humaine, est utilisée dans les derniers mois de grossesse pour supprimer l’enfant à naître», dénonce Concetti. Il rappelle que ce type d’avortement se pratique par une intervention sur le crâne. Le franciscain parle «d’abîme de barbarie» et de «sommet de la cruauté la plus raffinée et cynique». Et de préciser: «Cela peut avoir lieu même la veille de la naissance naturelle, comme si cet être humain n’était qu’un conglomérat de cellules encombrantes».

Le théologien note que si le pourcentage des avortements selon cette technique reste restreint, elle est surtout pratiquée dans le cas de mineures ou de femmes avancées en âge. «Quand il s’agit de la destruction de la vie d’un être humain, la gravité ne se mesure pas à la quantité».

Protestation des évêques américains

En avril 1996, les évêques des Etats-Unis avaient protesté contre le veto de Bill Clinton par une lettre des cardinaux et de la Conférence épiscopale envoyée au président le 16 avril, et publiée in extenso dans le bulletin de la salle de presse du Saint-Siège le 19 avril suivant. Ils affirmaient que cette technique était plus proche de «l’infanticide» que de l’avortement.

Cette publication – exceptionnelle – dans le «Bollettino», était accompagnée d’une déclaration du directeur de la Salle de presse, Joaquin Navarro Valls, affirmant que le Saint-Siège soutenait «pleinement» la position prise par les cardinaux et la Conférence nationale des évêques catholiques du pays.

«Cette position est, visiblement, partagée par beaucoup d’autres personnes, non-catholiques. La décision présidentielle contre la position du Congrès est un «veto honteux» qui équivaut en pratique à un acte incroyablement brutal d’agression contre la vie humaine innocente et contre les droits de l’homme inaliénables de qui n’est pas encore né», a-t-il encore déclaré.

Il regrette que la décision présidentielle «légalise cette procédure inhumaine» et mette ainsi «en danger» à la fois «moralement et ethiquement l’avenir de la société qui la permet».

Face aux accusations actuelles dont le président Clinton fait l’objet, et qui n’ont pas eu d’écho dans les colonnes du quotidien du Vatican, «L’Osservatore Romano» souligne par cet article l’enjeu d’un vote qui pourrait passer inaperçu dans le tourbillon médiatique et judiciaire qui entoure la Maison Blanche. (apic/imed/ab/pr)

15 septembre 1998 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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