Le pays n’a pas besoin de gouverneurs
Bolivie: Violentes critiques de l’Église catholique contre Banzer
qui vivent comme des rois sur le dos des pauvres
La Paz, 16 septembre 1998 (APIC) L’Église catholique bolivienne ne ménage pas ses critiques à l’adresse du régime du général Banzer. La Bolivie suit «un chemin de mort», estime Mgr Terrazas Sandoval, président de la Conférence épiscopale de ce pays.
Un an après son élection à la tête de l’État bolivien, en août 1997, le général Hugo Banzer Suarez, impitoyable dictateur des années 50 revenu au pouvoir, a prononcé un message au pays. Un message euphorique: «À écouter Banzer, on croirait qu’il vit au pays des merveilles», a commenté le secrétaire exécutif de la Centrale ouvrière bolivienne. Le discours de Banzer a soulevé des critiques jusque chez ses proches partisans. Ce n’est pourtant pas des partis de l’opposition que sont venus les commentaires les plus cinglants.
À l’occasion d’une messe de Te Deum qu’il présidait dans la ville de Santa Cruz, Mgr Julio Terrazas a constaté que les Boliviens n’avaient guère de motifs de fêter cet anniversaire. «Le pays suit un chemin de mort sous forme de délinquance de la jeunesse, de drogue, d’injustice, de pauvreté et de misère», a lancé le prélat. Ajoutant que, pour suivre les consignes officielles de lutte contre la pauvreté, les hommes politiques doivent renoncer à chercher d’abord à satisfaire leurs appétits personnes et à sombrer dans la corruption.
Mgr Jesus Suarez Parraga, évêque de El Alto – une ville de 800’000 habitants, marquée par la pauvreté et les conflits sociaux -, n’a pas été en reste. «À El Alto, les enfants s’endorment à l’école et tombent dans la rue à cause de la misère et de la faim qu’ils connaissent chez eux. Nous n’avons nul besoin de gouvernants qui vivent comme des rois sur le dos des pauvres», a-t-il déclaré. (apic/cip/pr)




