Jean-Guy Nadeau et Marc Pelchat, «Dieu en ville. Evangile et Eglises dans l’espace urbain», éd. Novalis/Cerf/Lumen Vitae/Labor et Fides, coll. «Théologies pratiques», 1998, 366 pages.

Handicap International :enfin moins de victimes des mines !

Le traité d’Ottawa entrera en vigueur le 1er mars 1999

Bruxelles, 18 septembre 1998 (APIC) Le traité d’Ottawa sur l’interdiction totale des mines antipersonnel entrera en vigueur le 1er mars prochain. Signé le 5 décembre dernier à Ottawa par 122 pays, il est ratifié depuis la mi-juillet par au moins 40 pays, dont la Suisse. «Enfin un espoir de salut pour des milliers de vies humaines!», annonce à Bruxelles «Handicap International», membre fondateur de la Campagne Internationale contre les mines antipersonnel, qui fut couronnée en décembre dernier par le prix Nobel de la Paix.

Entre la ratification du 40e pays signataire – en l’occurrence, le Burkina Faso – et la mise en application du traité, celui-ci prévoit une période de transition de six mois. Chacun a donc le temps de vérifier qu’il a bien compris la portée de l’interdiction qui englobe «l’usage, le stockage, la production et le transport» des mines antipersonnel.

Reste à déminer…

Quand on sait la lourdeur des procédures administratives, la ratification du traité par 40 pays n’a heureusement pas traîné, se réjouit «Handicap International». Mais tout n’est pas fini, ajoute l’organisation spécialisée dans l’aide aux victimes des mines: les années à venir devront être mises à profit pour détruire les stocks de mines existants (dans les quatre ans) et surtout pour déminer à grande échelle (dix ans sont prévus).

Jody Williams, la présidente de la Campagne internationale contre les mines, s’est dit elle-même surprise de la ratification assez rapide du traité. «Mais notre travail n’est pas fini, a-t-elle souligné. Quand un pays a signé le traité, il lui faut encore le ratifier, mais également se lier aux dispositions juridiques du traité. Signer un tel traité sans le ratifier, c’est manquer de respect et d’engagement», poursuit Jody Williams, qui se réfère aux 130 signatures actuelles du traité pour seulement 40 ratifications, même si ce dernier chiffre permet enfin l’entrée en vigueur du traité.

Maintenir la vigilance

Parmi les pays qui ont signé le traité, mais ne l’ont pas encore ratifié, figurent l’Angola, le Sénégal et le Soudan, sur lesquels des rapports alarmants sont parvenus à «Handicap International». Ces rapports dénoncent l’usage qu’on y fait des mines antipersonnel, sans qu’on sache si les responsables sont les forces gouvernementales ou des opposants armés. C’est pourquoi l’association belge insiste: «Il est regrettable que des pays qui autorisent les Etats-Unis à placer des mines et qui ont signé le traité ne l’ont pas ratifié. Tolérer ainsi le placement des mines par les Etats-Unis, c’est déjà violer le traité!»

Seuls six pays de l’Union Européenne sur quinze ont ratifié le traité. Les organisations membres de la Campagne contre les mines ne sont donc pas près de relâcher la pression. «Handicap International» commence par se tourner vers le gouvernement belge pour lui demander d’interpeller non seulement les pays qui n’ont toujours pas signé le traité d’Ottawa, mais également les grandes puissances, généralement hésitantes parce que productrices, comme c’est le cas pour les Etats-Unis.

Dans le cadre de la Campagne internationale, les organisations membres se sont donné trois jours, du 15 au 18 septembre, pour réfléchir à la création d’un observatoire des mines qui, tirant parti des informations recueillies par les soins de ce réseau d’organisations, permettrait de contrôler une application stricte du traité d’Ottawa et, s’il le fallait, de porter plainte. (apic/cip/pr)

20 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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