Inde: «Les missionnaires doivent quitter l’Inde» déclarent les extrémistes hindous

Une campagne de violence organisée

Mumbai 25 septembre 1998 (APIC) Les catholiques et les protestants d’Inde sont inquiets face aux déclarations du Bajrang Dal, un groupe allié du Parti nationaliste au pouvoir (BJP), qui réclame que les chrétiens et les missionnaires quittent l’Inde. Su-rendra Kumlar Jain, président national du Bajrang Dal, a en effet annoncé que son groupe lancerait un deuxième mouvement «Quit India» (Quittez l’Inde) contre les missionnaires chrétiens. Le mouvement «Quit India» avait été fondé en 1942 par Gandhi et le Parti du Congrès pour l’indépendance de l’Inde vis-à-vis du pouvoir britannique.

Pour Dolfy D’Souza, porte-parole de l’organisation catholique des laïcs, «All India Catholic Union» (AICU), le groupe Bajrang Dal est en train de créer un climat d’opposition et d’animosité contre les communautés minoritaires, et en particulier contre les chrétiens, sur la base d’accusations fausses. Bajrang Dal déclare notamment que les missionnaires ont des liens avec le trafic de la drogue et avec les forces sécessionnistes qui travaillent à la désagrégation du pays. Le président national du groupe en est même venu à dire que les chrétiens n’avaient pas le droit de vivre en Inde.

Les activistes hindous accusent les chrétiens d’avoir converti des groupes tribaux et hindous par l’intermédiaire de l’éducation et du service social. «Les chrétiens mettent en danger l’unité, l’intégrité de la nation, et les racines culturelles de la société hindoue» affirme. Pravinbhai Togadia, secrétaire général au Gujarat du «Vishna Hindu Parishad».

Les dirigeants de l’Eglise rejettent avec vigueur ces accusations, en soulignant que l’objectif de leur travail est l’éducation et le développement social auprès des pauvres et des opprimés. «Nous ne faisons pas de prosélytisme. Personne dans l’Eglise ne pourrait songer à cette manière désormais dépassée d’agir».

Une campagne de violence qui dure depuis des mois

Pendant les derniers mois, chrétiens mais aussi musulmans ont été victimes d’une campagne de violence bien organisée par des mouvements extrémistes dans différents Etats de l’Inde. L’AICU a signalé 35 cas d’atrocités dans le seul Etat du Gujarat, au nord-ouest du pays. Les violences consistent, la plupart du temps, dans l’incendie des églises; mais on a vu aussi des attaques contre des écoles, des enseignants et des élèves, la destruction de Bibles par le feu, la persécution de personnes, et même l’assassinat récent d’un homme. «Dans le village de Darapadan le 27 juillet 1998, un fidèle chrétien, Ulus Ramji Pawar, a été attaqué et tué par un membre du groupe Dinseh Nana Bhoye de Darapada, et par d’autres personnes; de plus, des accusations fausses ont été répandues sur le compte de l’homme assassiné», rapporte écrit l’AICU. (apic/fides/mp)

20 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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