Malgré le durcissement des Talibans à l’égard des ONG

Belgique: Handicap International a choisi de rester en Afghanistan

Bruxelles, 7 août 1998 (APIC) Malgré le durcissement de l’attitude des Talibans à l’égard des organisations non gouvernementales (ONG) à Kaboul, l’association belge Handicap International à Bruxelles a décidé de maintenir son équipe en Afghanistan, annonce-t-elle dans un communiqué daté du 7 août.

L’organisation d’aide aux victimes des mines antipersonnel et de réhabilitation des personnes handicapées ne cache cependant pas ses inquiétudes devant les difficultés qu’éprouvent les organisations humanitaires aux prises avec le «régime totalitaire» des fondamentalistes islamiques au pouvoir à Kaboul qui a poussé la plupart de ces organisations à quitter la capitale afghane.

L’équipe d’Handicap International, qui est présente à Kandahar, la capitale religieuse d’où les Talibans sont partis à la conquête de la plus grande partie du pays, s’est trouvée devant un choix crucial: ou bien partir et mettre fin à la solidarité avec les autres ONG à Kaboul, ou bien rester sur place pour maintenir une aide humanitaire indispensable pour la population dans le sud du pays.

Déjà plus de 200’000 personnes touchées par des programmes de déminage

Depuis plus de trois ans, Handicap International a renforcé ses interventions quotidiennes pour des milliers d’enfants, de femmes et d’hommes handicapés, victimes des mines ou atteints par la poliomyélite. L’équipe locale se compose de quatre hommes et de deux femmes expatriées et travaille en partenariat avec une association afghane. La présence de l’équipe a permis de réduire sensiblement le nombre d’accidents dus aux mines dans la région, grâce notamment à des programmes de conscientisation et de déminage qui ont déjà touché plus de 200.000 personnes. En outre, cette présence maintient un lien de solidarité essentiel pour l’avenir d’un des groupes de population les plus menacés dans le pays.

«Jusqu’à ce jour, précise l’organisation, les événements à Kaboul n’ont pas modifié notre relation avec les Talibans à Kandahar. Grâce à l’accord passé il y a quelques mois pour trouver un modus vivendi, même les femmes et surtout elles peuvent bénéficier des soins que nous offrons – du moins, pour autant que ces soins soient prodigués par une femme.»

Handicap International se dit consciente de la «fragilité» de ce modus vivendi, mais il a du moins le mérite d’exister, même si la situation n’a rien d’apaisant. L’association a néanmoins décidé de poursuivre son action tant que la possibilité de venir en aide aux femmes et la sécurité de ses propres collaborateurs sont assurés. L’organisation belge continue par ailleurs de prendre part aux concertations sur la situations à Kaboul entre différentes ONG, les représentants des Nations-Unies et de l’Union Européenne. (apic/cip/be)

7 août 1998 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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