Timide ouverture du dernier vestige de type stalinien
Corée du Nord: Neuf prêtres catholiques sud-coréens en visite officielle
Rome/Séoul, 14 août 1998 (APIC) Neuf prêtres catholiques sud-coréens séjournent actuellement en Corée du Nord, où ils devaient assister le 15 août à une messe à l’occasion de la fête de l’Assomption dans l’église de Changchung à Pyongyang, la seule église catholique ouverte en Corée communiste. Selon Radio Vatican, la délégation officielle se trouve en Corée du Nord durant une semaine pour le 53e anniversaire de la libération de l’occupation japonaise.
Les neuf prêtres du Sud ont dû passer par Pékin pour se rendre en Corée du Nord, étant donné qu’il n’y a pas de vols directs entre les deux pays toujours ennemis, derniers vestiges de la guerre froide. Quatre membres du Conseil national des Eglises de Corée du Sud, qui voulaient accompagner les prêtres catholiques, n’ont pas reçu de visas.
Plus de prêtres catholiques depuis des décennies
En Corée du Nord communiste, il n’y a plus de prêtres depuis des décennies, mais on assiste à la renaissance d’une petite communauté catholique. Depuis deux ans, plusieurs délégations catholiques ont pu se rendre dans ce que d’aucuns qualifient de dernière survivance du stalinisme. Le pays, extraordinairement fermé aux étrangers, s’est pourtant entrouvert suite à la famine endémique qui le frappe depuis plusieurs années. Des œuvres d’entraide comme Caritas Internationalis ont pu porter secours à la population.
L’an dernier déjà, pour la première fois de l’histoire des deux Corées, un prêtre sud-coréen était officiellement invité dans le pays. Il conduisait une délégation de quatre personnes à Pyongyang chargée de contrôler la répartition de l’aide alimentaire dans le cadre de la lutte contre la famine. Les autorités nord-coréennes voulaient montrer que la distribution de l’aide internationale se faisait dans la transparence, les autorités de Séoul et des observateurs ayant reproché à Pyongyang de détourner l’aide humanitaire au profit du million de soldats de son armée.
En juin dernier, une délégation du Saint-Siège s’est rendue en Corée du Nord pour apporter «une contribution substantielle» du pape afin de pallier quelque peu à la situation alimentaire précaire que connaît actuellement ce pays. C’était la troisième du genre, après celles de janvier 1996 et juillet 1997. La délégation vaticane a visité différents projets d’assistance humanitaire mis en place par des organisations catholiques nationales, sous la coordination de Caritas Internationalis. Après une eucharistie dans l’église catholique de Pyongyang, la délégation vaticane a rencontré les dirigeants de l’Association des catholiques de la Corée du Nord.
Une petite communauté sans prêtre qui vit sous un contrôle permanent
Il n’existe pas de chiffres officiels, mais on estime actuellement à 2’000 ou 3’000 les catholiques en Corée du Nord (sur 24 millions d’habitants) alors qu’ils étaient 100’000 quelques décennies auparavant. Dans le Nord, il existe deux diocèses… sur le papier, mais leurs administrateurs apostoliques résident au Sud. Il s’agit de Pyongyang et Hamhung. La petite communauté catholique n’a pas de prêtres ou de religieux à son service et vit sous un contrôle policier permanent. (apic/ucan/kna/cic/be)




