30 millions de bénéfice pour l’Institut pour les Œuvres de religions
L’Institut pour les Œuvres de religions (IOR), institution bancaire au Vatican qui gère un patrimoine de 5,4 milliards d’euros, a réalisé un bénéfice de 30,6 millions d’euros en 2023, indique un bilan diffusé le 14 juin 2024. Ses dirigeants se félicitent des progrès de l’Institut en matière de transparence.
S’il n’est pas «la banque» du Vatican, l’IOR exécute les opérations financières en lien avec l’Administration du patrimoine du Siège apostolique (APSA), la véritable banque publique du Vatican. Fondé par Pie XII en 1942, l’IOR a opéré un certain nombre de réformes à la suite de nombreux scandales. Sous la responsabilité du Français Jean-Baptiste de Franssu, l’Institut compte un peu plus d’une centaine d’employés.
Dans le rapport 2024, le cardinal Christoph Schönborn, président de la commission des cardinaux qui veille à la bonne conduite de l’Institut, salue les avancées de l’IOR. «Quand j’en suis devenu membre, l’évaluation de l’IOR faite par Moneyval était critique concernant plus de la moitié des points examinés», écrit-il. «Les résultats de la dernière évaluation sont excellents», ajoute celui qui reconnaît à Benoit XVI d’abord, puis au pape François, d’avoir fait souffler un vent de réformes nécessaires.
«Maintenant on peut dire que l’IOR respecte pleinement les lois internationales régissant les activités des institutions financières», abonde Mgr Ricca, prélat de l’Institut. «Les dits ‘états financiers’ ont obtenu un rapport ‘sans réserve’ de la part du cabinet d’audit Mazars Italia», peut-on encore lire dans un communiqué.
Plus d’un tiers du bénéfice sera redistribué
Selon les données de ce 12e rapport annuel, le total des actifs gérés par l’IOR a augmenté en un an de 4%, pour atteindre 5,4 milliards d’euros. En 2020, le total des actifs représentait 4,963 milliards d’euros. Du bénéfice dégagé en 2023 (30,6 millions d’euros), la commission des cardinaux a décidé de distribuer 13,6 millions d’euros pour des œuvres de religion et de charité.
En tout, l’IOR comptabilise 12’361 clients, soit un portefeuille en légère diminution (-3%) par rapport à 2022. L’Institut justifie cette baisse par la fermeture de comptes motivée notamment par le non-respect des règles contractuelles, la non-utilisation de comptes sur une période prolongée ou le retour de séminaristes ou de clercs dans leur pays.
Répartition du patrimoine
Près de la moitié (48%) du patrimoine géré par l’IOR provient des ordres religieux (congrégations, associations de fidèles, séminaires, collèges ou universités ainsi que monastères et couvents). Les avoirs des entités de la Curie romaine, de l’État de la Cité du Vatican et des nonciatures représentent 28% du patrimoine géré par l’IOR.
Les diocèses, conférences épiscopales ou paroisses qui placent leur argent à l’IOR représentent 10% du des actifs de l’Institut. Enfin, 6% du patrimoine géré par l’IOR sont déposés par des employés et retraités du Vatican, et 2% par des fondations et autres entités de droit canon.
L’IOR accepte uniquement des clients qui ont une relation étroite avec le Saint-Siège et l’Église catholique. (imedia/cath.ch/hl/lb)





