Accusé d’escroquerie, il plaide non coupable

Afrique du Sud: Le procès du militant anti-apartheid Allan Boesak s’est ouvert au Cap

Le Cap, 25 août 1998 (APIC) Le procès d’un ancien militant très connu de la lutte contre l’apartheid, Allan Boesak, s’est ouvert lundi, au Cap, en Afrique du Sud, près de deux ans après qu’une Eglise et des organisations d’entraide scandinaves eurent constaté la disparition de sommes versées à la Fondation dont il était le directeur. Allan Boesak, âgé de 52 ans, a été pasteur de l’Eglise missionnaire réformée hollandaise.

Allan Boesak comparaît pour 32 chefs d’accusation – 12 pour escroquerie et 20 pour vol – portant sur 1,1 million de rands (environ 173’000 dollars). Il a plaidé non coupable pour tous les chefs d’accusation.

Un document de 58 pages présente toutes les accusations le concernant. Il s’agit entre autres du détournement présumé des fonds versés dans les années 80 à la Fondation «Paix et Justice» par l’Agence de développement international suédoise (SIDA), l’Organisation d’entraide des Eglises danoises (DanChurchAid), l’Eglise de Norvège, la Fondation Coca-Cola, et le chanteur américain Paul Simon. Cet argent était destiné aux victimes de l’apartheid. Par ailleurs, des sommes versées pour une fondation d’aide à l’enfance, des programmes de développement et de formation électorale avant les premières élections démocratiques non raciales d’Afrique du Sud en 1994, auraient aussi été détournées.

Une liste de 167 témoins

Le ministère public a présenté une liste de 167 témoins qu’elle entend faire venir à la barre. Un grand nombre d’entre eux sont des anciens leaders de la lutte contre l’apartheid et parmi eux figure l’ancien archevêque anglican du Cap, Desmond Tutu.

Allan Boesak a comparu en septembre devant la Cour Suprême, l’an dernier, avec Freddie Steenkamp, comptable à la Fondation «Paix et Justice», aujourd’hui dissoute. L’ancien militant anti-apartheid en était le directeur. Il devait redistribuer les fonds versés par les donateurs. Le tribunal a décidé qu’il y aurait deux procès après que Freddie Steenkamp eut plaidé coupable et Allan Boesak non coupable. Le comptable de la Fondation, qui répondait de cinq chefs d’accusation pour escroquerie et d’un pour vol portant sur 3,7 millions de rands, a été condamné en novembre 1997 à six ans d’emprisonnement.

L’audience du 24 août a été consacrée à l’examen des documents comptables présentés par les experts juridiques. Le procès devrait durer trois mois, mais il pourrait se poursuivre en 1999. (apic/eni/ba)

25 août 1998 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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