Inde: Les jésuites critiquent la condamnation par le Vatican des œuvres du Père de Mello

La réaction du Vatican repose sur des «malentendus»

New Delhi, 27 août 1998 (APIC) La compagnie de Jésus en Inde a critiqué la condamnation posthume par le Vatican des œuvres du Père jésuite Anthony de Mello (1931-1987). La réaction du Vatican semble reposer sur des «malentendus», a déclaré jeudi le Père Lisbert D’Souza, provincial des jésuites pour cette région de l’Asie du Sud.

Dans une interview accordée à l’agence catholique asiatique UCANews, le Père D’Souza dit avoir «le sentiment que la signification et les intentions spirituelles dans quelques unes de ses œuvres ont été très mal comprises». Il a ajouté que de nombreux textes attribués au Père de Mello ont été falsifiés et publiés sans qu’il en ait eu connaissance et sans sa permission. Le jésuite indien a laissé une somme considérable d’écrits et de conférences, dans sa tentative de faire une synthèse entre les spiritualité de l’Orient et de l’Occident. Leur publication aujourd’hui connaît un très grand succès. Ainsi en France, les six titres du Père Anthony de Mello publiés par l’éditeur Desclée de Brouwer approchent les 50’000 exemplaires vendus, selon le quotidien «La Croix».

La congrégation des jésuites elle-même ne reconnaît que neuf ouvrages du Père de Mello. Samedi dernier, le Vatican publiait une note de la Congrégation pour la doctrine de la foi signée par le cardinal Joseph Ratzinger, qui condamne les écrits du jésuite indien décédé en 1987 à l’âge de 56 ans. Le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi lui reproche un éloignement progressif des contenus essentiels de la foi chrétienne.

«A la révélation faite dans le Christ, il substitue une intuition de Dieu sans forme ni image, au point de parler de Dieu comme d’un simple vide», peut-on lire dans le document du Vatican. Rome considère que les écrits du religieux indien sont «incompatibles avec la foi catholique», même si on reconnaît qu’ils sont porteurs «d’éléments valides de la sagesse orientale qui peuvent aider à la maîtrise de soi».

Des écrits destinés à un large public et aux fidèles d’autres confessions

Dans une lettre datée du 23 juillet, le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi a avisé les évêques catholiques d’Inde qu’ils ne devaient plus éditer et vendre des ouvrages du Père de Mello, décédé il y a onze ans déjà. Le Père D’Souza a encore remarqué que les conférences et les écrits du Père de Mello sur la spiritualité et la religion n’étaient pas uniquement destinés à un public chrétien, mais à un large public et aux fidèles de diverses religions. Ainsi, ces textes ne doivent pas être vus comme des interprétations théologiques de la foi chrétienne et de l’Eglise catholique. «Ses discours, a encore relevé le provincial des jésuites, avaient la forme d’histoires, c’était un mélange d’anecdotes chrétiennes, hindouistes et bouddhistes ainsi que de dictons musulmans». (apic/kna/be)

27 août 1998 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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