Khan Yunis le 1er juillet dans le sud de la bande de Gaza, après le retrait des troupes israéliennes | © Keystone/DPA/Abed Rahim Khatib
International

Israël défend une «guerre juste» contre l'avis de «certains chrétiens»

Après la publication d’un document par la Commission Justice et Paix de Terre Sainte qui accusait Israël d’utiliser le concept de «guerre juste» «comme une arme», l’ambassade d’Israël près le Saint-Siège accuse, dans un communiqué publié le 2 juillet 2024, «certains chrétiens» de s’opposer «au droit d’Israël de se défendre contre ses ennemis».

L’ambassade israélienne a réagi au lendemain de la publication de ce document critique sur les médias du Saint-Siège – Fides et Vatican News. Ce texte a été rédigé par les membres de la Commission Justice et Paix de Terre sainte, une entité en charge de sensibiliser aux questions liées à la paix dans cette région et rattachée à la Custodie franciscaine.

Dans ce document publié le 1er juillet, les membres de la Commission Justice et Paix de Terre sainte expriment leur indignation contre l’emploi du terme de «guerre juste» pour «perpétuer et légitimer la guerre en cours à Gaza». Ce concept, hérité de l’Antiquité latine et repris par la doctrine catholique, serait selon eux «utilisé comme une arme pour justifier la violence en cours».

Les auteurs du document estiment cependant que «l’absence d’objectifs déclarés de la part d’Israël ne permet pas de mesurer s’il y a des ‘perspectives sérieuses de succès’», et accusent l’État hébreu de ne pas faire de «distinction claire entre les civils et les combattants». Cela leur permet d’affirmer que «ni les attaques du Hamas du 7 octobre, ni la guerre de riposte dévastatrice d’Israël ne répondent aux critères d’une ‘guerre juste’».

En réaction, l’ambassade d’Israël conteste fortement les accusations formulées dans le document, estimant que son armée ne mène pas une «guerre de Gaza», mais réagit à une «guerre contre l’existence d’Israël», en insistant sur les attaques provenant d’Iran, du Liban, de Syrie et du Yémen. Elle assure en outre que les objectifs d’Israël sont clairs: «mettre fin à la domination du Hamas dans la bande de Gaza et garantir que les atrocités comme celles commises le 7 octobre ne se répètent pas».

L’ambassade critique en outre directement la définition de «guerre juste» défendue par les représentants catholiques, estimant qu’elle «n’est pas compatible avec le droit international». Elle assure enfin faire de son mieux pour effectuer une distinction entre civils et militaires au contraire du Hamas.

L’Église et la «guerre juste»

Selon le Catéchisme de l’Église catholique, une guerre est juste quand quatre conditions sont remplies. Il faut que le dommage infligé par l’agresseur à la nation qui déclare la guerre soit «durable, grave et certain», que toutes les alternatives au conflit aient été épuisées, qu’il y ait des «conditions sérieuses de succès», et que le conflit ne provoque pas de maux ni de désordres plus graves «que le mal à éliminer».

Le pape François a pour sa part pris ses distances avec ce concept dans son encyclique Fratelli tutti, dans laquelle il affirme qu’il est «très difficile aujourd’hui de défendre les critères rationnels, mûris en d’autres temps, pour parler d’une possible ‘guerre juste’». Interrogé dans l’avion de retour du Kazakhstan en 2022, il a néanmoins reconnu le droit d’un peuple à se défendre: «se défendre est non seulement licite, mais c’est aussi une expression d’amour de la patrie. Qui ne se défend pas, n’aime pas, mais qui défend, aime». (cath.ch/imedia/cd/bh)

Khan Yunis le 1er juillet dans le sud de la bande de Gaza, après le retrait des troupes israéliennes | © Keystone/DPA/Abed Rahim Khatib
2 juillet 2024 | 16:11
par I.MEDIA
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Gaza (184), guerre (548), guerre juste (5), Israël (303), Terre Sainte (215)
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