Le pape François confie vouloir se rendre un jour à Shanghai
«Les Chinois ont le virus de l’espérance», affirme le pape François dans un entretien vidéo diffusé par la Province jésuite de Chine le 9 août 2024. Le chef de l’Église catholique exprime aussi son désir de se rendre dans un sanctuaire marial de Shanghai en Chine et donne un conseil à son successeur.
Diffusé sur le canal YouTube de la province chinoise de la Compagnie de Jésus, cet interview est conduit en espagnol et est disponible avec des sous-titres en chinois simplifié et en chinois de Taïwan. Long d’un quart d’heure et mené par le Père Pedro Chia, directeur du bureau de communication de la province jésuite de Chine, il a été réalisé le 24 mai dernier à l’occasion de la fête de Notre-Dame de Sheshan.
Au cours de la discussion, le pontife affirme vouloir «vraiment» se rendre en Chine, notamment pour visiter ce sanctuaire marial situé à Shanghaï. Il rappelle qu’il possède une statue de cette Vierge Marie, patronne de la Chine, sur une étagère de son appartement de la résidence Sainte-Marthe. Il exprime aussi son désir de rencontrer les évêques et les catholiques de Chine.
Hormis le déplacement du pape Paul VI dans l’enclave sous domination britannique de Hong Kong en 1970, aucun pape ne s’est jamais rendu en Chine, pays qui ne dispose pas de relations diplomatiques officielles avec le Saint-Siège. Le pape François a exprimé à plusieurs reprises son souhait de visiter l’Empire du Milieu, notamment lors d’une conférence de presse dans le vol retour de son voyage au Kazakhstan en 2022.
Le virus de l’espérance
Le peuple de Dieu en Chine «a passé par tant d’épreuves et est demeuré fidèle», salue le pape. Il assure vouloir lui envoyer un message d’espérance «même si cela tient de la tautologie d’envoyer un message d’espérance à un peuple qui est maître d’attente». «Les Chinois ont le virus de l’espérance», conclut-il.
«Vous êtes les descendants d’un grand peuple […], ne gâchez pas cet héritage, mais transmettez-le avec patience», exhorte enfin le pape à tous les Chinois, notamment ceux de la diaspora, en évoquant un groupe de Chinois qu’il avait aidé en Argentine. En bon descendant d’Italiens, le pape ne manque pas de rappeler les «nouilles de Marco Polo», rapportée de Chine par l’explorateur vénitien, avec le succès que l’on connaît.
«Qu’il devienne dominicain!»
Dans le reste de l’entretien, le pontife évoque aussi d’autres sujets, comme le cas des chrétiens qui l’attaquent, parlant notamment de l’existence de «vingt-deux groupes qui pensent que le Siège de Pierre est vacant». Tout en relativisant l’importance numérique de ces courants, il affirme que «les résistances – comme elles surviennent en ce moment – ne ne me visent pas seulement personnellement, elles sont contre l’Église».
Interrogé sur sa vision de l’Église dans cinquante ans, le pontife évoque la possibilité de voir une Église «plus réduite, plus petite». Il met cependant en garde les chrétiens de demain contre «la peste du cléricalisme».
Le pape François confie demander toujours dans sa prière à Dieu la grâce «d’être pardonné». Et quand on lui demande quel conseil il veut donner à son successeur, il se limite à un simple mot: «Prie!»
Sur le ton de plaisanterie, le pontife révèle enfin le conseil qu’il donnerait à un jeune homme qui veut entrer chez les jésuites: «Qu’il devienne dominicain!» Redevenant sérieux, il insiste sur l’importance de ne pas perdre la dimension missionnaire originelle de la Compagnie, et sur le rôle clé du discernement dans la formation du jésuite. (cath.ch/imedia/cd/lb)





