Pour des motifs politiques?

France: Denis Viénot écarté du secrétariat général du Secours catholique

Paris, 5 juin 1998 (APIC) L’éviction de Denis Viénot de son poste de secrétaire général du Secours catholique signifie-t-elle un changement de cap politique de l’œuvre d’entraide catholique française? Cette question est sur toutes les lèvres depuis que la décision du conseil d’administration est devenue publique. Le porte-parole de la Conférence des évêques de France, le Père Olivier de la Brosse, affirme haut et fort que Denis Viénot – qui vient d’accepter le poste de chargé de mission auprès du secteur international du même Secours Catholique – «jouissait et jouit de l’estime des évêques français».

Denis Viénot a-t-il été écarté pour des raisons politiques? Le Père de la Brosse, reconnaît que l’ancien secrétaire général «est plutôt partisan d’apprendre à pêcher à un homme pour qu’il puisse se nourrir toute sa vie plutôt que de lui donner un poisson quand il a faim. Il a rencontré une forte opposition au sein du Secours catholique de la part de défenseurs d’une charité plus proche de l’assistanat, moins engagée par le partenariat avec les pauvres. L’estime que lui portent les évêques repose sur ses grandes qualités d’organisateur et d’animateur qui sait faire travailler les gens ensemble ainsi que sur son sens profondément chrétien et l’enracinement de son action dans l’Evangile».

72’000 bénévoles

Le porte-parole de l’épiscopat rappelle à cette occasion que la plupart des diocèses ont des liens suivis avec la direction nationale du Secours Catholique, mais que l’Eglise en tant que telle, ne se considère pas comme mandatée pour intervenir directement dans les affaires internes d’un mouvement associatif. Toutefois, poursuit-il, nombre d’évêques ont manifesté le désir de clarifier les statuts du Secours Catholique, actuellement une association selon la loi de 1901, «afin d’en faire un véritable service d’Eglise». Le Secours catholique reste en effet la plus grande organisation caritative de France avec 72’000 bénévoles et près de 2 millions de personnes aidées en 1997.

L’hebdomadaire «Témoignage chrétien» (TC) juge lui aussi que «la personnalité et l’approche politique de Denis Viénot ont souvent heurté la majorité conservatrice du Conseil d’administration»: TC a recueilli l’avis de Mgr Bernard Lagoutte, secrétaire général de la Conférence des évêques de France. Ce dernier se veut rassurant: «Promouvoir des personnes au lieu de seulement leur donner des vêtements est une orientation irréversible du Secours Catholique. Elle n’est pas le fait d’un seul homme, mais de toute une équipe». La revue mensuelle «La Vie» cite aussi l’appréciation de Mgr Lagoutte sur Denis Viénot: «Je ne peux qu’en dire du bien. Il était venu pour servir, en faisant le choix de quitter le secteur bancaire où il réussissait. Mais l’épiscopat ne dispose d’aucun représentant au Conseil d’administration du Secours Catholique».

Quand à l’intéressé lui-même, interrogé par APIC, il estime qu’il ne lui appartient pas de commenter la décision du Conseil d’administration. Il vient d’accepter la responsabilité du secteur international qu’il avait déjà dirigé de 1986 à 1991. Son but est aussi de structurer le réseau Caritas et de mettre en place des réponses concrètes aux situations d’urgence. Quand à savoir si son éviction du poste de secrétaire général annonce un changement de politique au Secours Catholique, il répond: «L’avenir le dira. En l’état j’estime qu’il est encore possible de faire quelque chose puisque j’ai accepté cette nouvelle mission». (apic/jcn/ba)

3 mai 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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