Pour la contribution des catholiques au progrès du pays
Rome: Le pape a reçu les 13 évêques de Cuba
Rome, 11 juin 1998 (APIC) Cuba doit s’engager sur le chemin «de la transparence, de l’ouverture et de la solidarité», a déclaré Jean Paul II mardi devant les treize évêques de l’île, en visite à Rome. Le pape, qui a souligné l’importance de «l’Évangile social», a ajouté que «les fidèles laïcs doivent répondre avec maturité, persévérance et audace aux défis de l’application de la doctrine sociale de l’Eglise à la vie économique, politique et culturelle du pays».
Près de cinq mois après sa visite pastorale à Cuba (21-25 janvier 1998), le pape a rappelé que les catholiques «sont appelés à participer de plein droit et avec des possibilités égales à la vie publique, pour apporter leur propre contribution au progrès national et participer avec générosité à la reconstruction du pays, en accédant aux différents secteurs de la vie sociale, comme à l’éducation et aux moyens de communication sociale, dans un cadre légal adéquat».
Cette participation peut requérir des sacrifices, mais en ce moment historique de l’histoire de l’île, «les chrétiens de Cuba doivent participer à la recherche du bien commun, en apportant leur conscience critique, leurs capacités et jusqu’à offrir leurs sacrifices dans le but de favoriser les transformations dont le pays a besoin en cette heure avec le concours de tous ses fils», a dit le pape. Et d’insister: «Lorsque l’Eglise est reconnue et peut compter sur des espaces et des moyens suffisants pour réaliser sa mission, c’est toute la société qui en bénéficie. Pour procurer le bien intégral de tous ses concitoyens, l’Etat, même s’il est laïc, doit reconnaître cette mission et en garantir les espaces».
Vérité, liberté, responsabilité
Pour Jean Paul II, Cuba a besoin désormais d’une «culture de la vérité». «La dignité de l’homme, a-t-il expliqué, se trouve dans la vérité révélée par le Christ. Il est la lumière du monde…»
Jean Paul II en a appelé aussi aux respect des libertés. Il a invité les hommes et les pays à dépasser les frontières, notamment «idéologiques» et «historiques», qui «ne permettent pas la croissance de la personne humaine dans la liberté et la responsabilité». Tous doivent faire en sorte que «la vérité, aspiration intime de tout être humain, soit cherchée avec honnêteté, trouvée avec joie, annoncée avec enthousiasme et partagée avec générosité par tous, sans limitations arbitraires dans les libertés fondamentales, comme par exemple la liberté d’expression, de réunion, d’association».
Le temps de la transparence
Pour Jean Paul II, le moment est venu de la «transparence»: Cuba est appelée «à incarner et à vivre sa propre identité, qui a des racines profondément chrétiennes, en cheminant vers la transparence, l’ouverture, et la solidarité».
Le pape a salué les «gestes» consentis par les autorités cubaines depuis son départ de l’île. Il y voit les signes de «leur disposition à créer des espaces légaux et sociaux afin que la société civile cubaine puisse grandir en autonomie et en participation et que le pays puisse occuper la place qui lui revient de droit dans la région même et dans le concert des nations».
Jean Paul II a insisté encore sur le fait que l’ouverture désirée ne se limite pas à une simple amélioration des relations visant à un processus d’interdépendance solidaire entre les peuples dans le contexte actuel de globalisation: il y faut aussi une «disposition intérieure» à une «véritable conversion personnelle» qui favorisera un «changement des structures sociales». (apic/cip/imed/pr)




