Timothy Radcliffe est religieux depuis plus de 50 ans au sein de l’ordre des frères prêcheurs. (Photo: Jacques Berset)
Vatican

Synode: le P. Radcliffe invite à retrouver la confiance

À ceux qui se sont sentis «trahis» par la déclaration Fiducia supplicans du Vatican, ouvrant la voie aux bénédictions de couples homosexuels, le Père dominicain Timothy Radcliffe, prédicateur officiel du Synode sur la synodalité, a adressé, le 1er octobre 2024, un appel à la confiance. 

À la veille de l’ouverture de la session romaine du Synode, ce grand chantier de réflexion ouvert en 2021 pour rendre l’Église catholique plus participative et moins cléricale, le religieux a aussi mis en garde contre le scepticisme vis-à-vis de ces travaux.

La bonne réussite du Synode dépendra de la capacité des participants de «faire confiance les uns aux autres, même si nous avons été blessés», a estimé le Père Radcliffe au deuxième jour de la retraite spirituelle des 368 membres réunis au Vatican. Demain, 2 octobre, s’ouvriront les travaux synodaux qui auront lieu tout le mois sous la présidence du pape François.

Des évêques trahis et un clergé méfiant

Arguant qu’il est «mieux de nommer les choses», l’assistant spirituel du Synode a abordé à ce propos le sujet très sensible de Fiducia supplicans, document du dicastère pour la Doctrine de la foi publié le 18 décembre 2023, ouvrant la voie à la bénédiction non rituelle des couples en situation irrégulière et des couples de même sexe. «Ce n’est un secret pour personne que Fiducia Supplicans a provoqué la détresse et la colère de nombreux évêques dans le monde», a noté le Père Radcliffe.

«Certains membres de ce Synode se sont sentis trahis», a ajouté le prédicateur. Le texte a provoqué une levée de boucliers en particulier en Afrique où les évêques d’une large partie du continent ont refusé de l’appliquer. Et la publication de ce document sans préavis avait été critiquée par certains pour son caractère non synodal. Même au sein de la Curie romaine, la sortie de Fiducia supplicans a suscité des réactions très critiques, a pu constater I.MEDIA dans plusieurs dicastères.

Constatant plus largement une crise mondiale de confiance – touchant la politique, la démocratie, les médias –, le prédicateur a invité à la confiance en Dieu et les uns envers les autres, «même lorsque cela semble insensé». Cette confiance ne doit pas être irresponsable, a-t-il précisé en évoquant la crise des abus sexuels, mais englober notre propre risque d’être blessé.

Le Père Radcliffe a particulièrement mis en garde les prêtres, soulignant que le clergé s’était montré « le plus méfiant » à l’égard de la voie synodale. Il les invités à « laisser tomber le lourd masque de la supériorité, le fardeau de prétendre être terriblement saints » et à repousser la tentation pour un prêtre «d’être un solitaire».

Le scepticisme synodal

Il a aussi prévenu les membres du Synode contre le découragement, confiant avoir entendu un certain nombre de doutes sur l’utilité de ces travaux. «Ceux qui avaient commencé avec enthousiasme se demandent peut-être si nous allons quelque part. Certains d’entre nous n’y ont jamais cru de toute façon. La question la plus courante que j’ai reçue au sujet du Synode ces onze derniers mois a été sceptique: a-t-on accompli quelque chose? Tout cela n’est-il pas une perte de temps et d’argent?».  

Le plus grand défi du Synode, a assuré le prédicateur aux participants, n’est pas de «surmonter l’opposition venimeuse entre traditionalistes et progressistes» mais d’«embrasser toutes les cultures diverses de notre monde». Et d’exhorter à «respecter la différence culturelle» en avertissant que «le colonialisme structure toujours notre monde». (cath.ch/imedia/ak/mp)

Timothy Radcliffe est religieux depuis plus de 50 ans au sein de l’ordre des frères prêcheurs.
1 octobre 2024 | 15:34
par I.MEDIA
Temps de lecture : env. 2  min.
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