La venue du pape a été un événement très positif
Cuba : Fidel Castro et Frei Betto commentent les effets de la visite de Jean Paul II
Une analyse partagée par Frei Betto, grand ami de Fidel Castro, et théologien de la libération, de passage à Rome, le 21 mai. Dans une interview au quotidien «l’Avvenire», il considère lui aussi comme «très positive» la visite du pape à Cuba. Jean-Paul II «a réveillé la religiosité du peuple cubain, il a condamné l’embargo, et il a eu des mots très durs vis-à-vis du capitalisme libéral». Frei Betto ajoute : «le Lider Maximo attendait des résultats immédiats de cette visite. Il nourrissait de grands espoirs quant à une révocation, ou au moins une limitation de l’embargo des Etats-Unis. Clinton a fait un petit pas en cette direction mais en posant des conditions inacceptables et offensantes pour Cuba».
A l’occasion de cette interview Frei Betto tire un bilan de la théologie de la Libération en Amérique Latine : «Disons qu’elle est «congelée». La théologie de la Libération est un réflexe des communautés de base qui a joué un grand rôle lors des années 70x. Mais à partir de 1985, un processus nouveau de confrontation s’est produit dans l’Eglise latino-américaine avec l’introduction de mouvements comme l’Opus Dei, les Foccolari, Communion et Liberazione. Ces mouvements sont bons, mais ils sont mieux adaptés à l’Europe que pour nous. Ils appuient la ligne du Vatican et nos Eglises ont ainsi perdu leur relative autonomie vis-à-vis de Rome. Autonomie qu’elle avait conquise dans les années précédentes. Disons qu’aujourd’hui l’expérience des communautés de base est devenue plus fragile. Cela s’explique aussi pour une autre raison : la chute du mur de Berlin a eu un fort impact sur notre façon de penser». (apic/imed/mp)




