Fribourg: «Mystère de la Passion» par la Communauté des pèlerins de Namur

Une invitation au respect du plus faible

Fribourg, 6 avril 1998 (APIC9 La Communauté des pèlerins de Namur n’a pas proposé une Passion ordinaire du Christ au nombreux public présent vendredi soir dans l’église du Christ-Roi à Fribourg. La plupart des acteurs sont des personnes mentalement handicapées. Le récit de Jésus rejeté et condamné a pris une dimension nouvelle puisqu’il a été présenté par des personnes elles aussi souvent exclues ou considérées avec méfiance. Toute une réflexion sur la dignité humaine, une rencontre avec des gens pas si différents de nous avec de multiples lueurs d’espoir…

Sur un de scène noire, comme l’est parfois la vie des gens souffrants d’un handicap, mais aussi la vie de chacun de nous, des lueurs d’espoir apparaissent petit à petit, annonçant un futur meilleur, une résurrection. A la fin Jésus nous rappelle que tout ce que nous faisons à l’un de ces petits, c’est à lui que nous le faisons. Le «jeu de la passion» est une réalisation de la Communauté des pèlerins de Namur en Belgique qui regroupe 80 personnes, handicapés mentaux et accompagnants, tous bénévoles. «C’est pour eux et pour le public une occasion de se rencontrer», explique Bernard Delaive, responsable des relations publiques de la communauté et narrateur durant le spectacle.

«Un des buts est de lutter contre le rejet, souvent dû à une méconnaissance mutuelle» poursuit Bernard Delaive. Le public se rend compte de toutes les richesses de ces personnes handicapées qui peuvent lui parler de sentiments universels. Les acteurs, eux, ont l’occasion de se révéler, de partager leur vécu, ce qui contribue à leur épanouissement. On ne remarque même plus leur handicap. Les acteurs comme les spectateurs ressortent grandis de ce spectacle.

Le créateur Yves Boccart a créé un décor très sobre: fonds noirs, cubes blancs modulables mettant en valeur la richesse du jeu scénique. Après la mort de Jésus, la scène est même totalement vide. On croit que tout est fini, qu’il n’y a plus rien. Puis une danseuse apparaît sous les projecteurs dans un coin, symbole de l’espoir auquel on veut encore croire. Petit à petit, elle s’ouvre, grandit et occupe toute la scène. C’est sûr, la mort et le mal n’ont pas eu le dernier mot. Cette évolution est illustrée en quelque sorte par les cubes du décor, dont le revêtement blanc est constitué d’anciennes camisoles de force.

L’illustration musicale met en valeur la chorégraphie tout en incitant à la réflexion et au recueillement. Le narrateur nous interpelle sur nos attitudes dans notre monde d’aujourd’hui. La chorale de la paroisse de Ste Thérèse est aussi intervenue avec des chants et des prières.

La Communauté des pèlerins de Namur offre tous les deux ans un spectacle lors d’une tournée, dans la période de Carême. C’est la quatrième fois qu’elle vient en Suisse. Elle se produira encore le dimanche de Pâques à Marin (NE) et le mardi suivant à Berne dans la paroisse réformée de langue française. A Fribourg, elle était invitée par le Centre œcuménique de pastorale spécialisée en collaboration avec «Foi et Lumière». (apic/com/ab)

20 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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