La fécondation post mortem est illicite, estime «L’Osservatore Romano»
Une perspective «aberrante et macabre», dit le Père Concetti
Rome, 24 avril 1998 (APIC) La fécondation «post mortem» est illicite même si, pendant sa vie, le défunt en a donné l’autorisation par écrit, estime le Père Gino Concetti. Le théologien de l’Osservatore Romano répond ainsi aux cas de plus en plus nombreux de femmes ayant perdu leur mari, qui souhaitent utiliser le sperme du défunt. Les autorités se trouvent alors souvent confrontées à un vide législatif.
Ce «cas législatif» s’est posé récemment dans l’Etat de New York. «L’opposition de l’Eglise à cette possibilité, est motivée par trois raisons», explique le Père Concetti. La première, s’appliquant à toute procréation assistée, et «basée sur les textes sacrés et sur une interprétation ininterrompue au cours des siècles veut que «le magistère considère comme incompatible toute tentative de dissocier chez les conjoints, l’élément d’union et de procréation». La seconde, est que «la procréation est le fruit d’un choix conscient des conjoints, de leur geste d’amour interpersonnel et simultané».
La troisième raison, qui rejette toute analogie avec le don d’organe, souligne que «les organes sont extraits et transplantés en fonction d’une vie qui existe déjà alors que le sperme est au contraire prélevé et utilisé pour générer une vie nouvelle (…). Celui qui naîtra, sera l’enfant d’un père mort avant qu’il ait été conçu dans le sein de sa mère». Le père Concetti considère l’utilisation du sperme dans de telles conditions – rendue possible parce que le sperme garde sa capacité de fécondation encore après la mort – comme une perspective «aberrante et macabre».
Il signale que deux positions s’opposent actuellement sur le plan législatif. Une position restrictive qui supposerait le consentement du mari avant la mort pour une telle opération. Une autre qui revendique la libéralisation totale de la matière, sans requérir à l’autorisation préalable du défunt. Le Père Concetti estime qu’une telle question «aussi délicate et intime» ne peut pas être réglée par la «loi de la démocratie». (apic/imed/mp)




