St-Gall: Ouverture à la cathédrale de la campagne œcuménique de carême «SolidarCité» 98

Découvrir les empreintes de Dieu dans la ville

St-Gall, 1er mars 1998 (APIC) Près d’un millier de personnes ont participé dimanche à St-Gall à l’ouverture solennelle de la campagne œcuménique de carême «SolidarCité» 98. Les participants mouillés par la neige ont vite été réchauffés dans la cathédrale par les rythmes latino-américains de la «misa criolla» du compositeur Ariel Ramirez. Les témoins venus du tiers monde ont invité le public à «découvrir les empreintes de Dieu dans la ville», tant dans les pays du Nord que dans ceux du Sud.

Les hôtes de la campagne «SolidarCité» des œuvres d’entraide catholique «Action de Carême» (AdC), protestante «Pain pour le Prochain» (PPP) et catholique-chrétienne «Etre Partenaires» sont cette année la Sud-Africaine Zurayah Abass, qui milite en faveur des enfants et des jeunes défavorisés de la ville du Cap au sein du mouvement «Molo Songololo» (Mille-pattes) et Mgr Affonso Gregory, évêque catholique d’Imperatriz, aux portes de l’Amazonie brésilienne.

Seule une société solidaire sera une société pacifique, affirme Rudolf Friedrich

L’évêque des lieux, Mgr Ivo Fürer, a tout d’abord salué les représentants des autorités civiles et religieuses de la ville et du canton de St-Gall, ainsi que l’ancien conseiller fédéral zurichois Rudolf Friedrich, qui a apporté le soutien du Conseil fédéral à cette campagne de solidarité œcuménique. Dans son allocution, l’ancien politicien radical a lancé avec conviction un appel à la solidarité, «élément nécessaire de toute société humaine».

Il a insisté sur l’importance de cette notion en faisant allusion à ce qui s’est passé récemment dans certains secteurs de l’économie suisse «qui menacent d’exclure socialement de nombreuses personnes». Pour l’ancien conseiller fédéral, qui a déclaré soutenir sans ambages la campagne «SolidarCité», seul un monde solidaire produira finalement un monde pacifique. Une solidarité qui ne devrait pas s’arrêter aujourd’hui aux frontières nationales sous prétexte des problèmes financiers actuels.

34 millions de francs sont nécessaires cette année

Un appel à la générosité du public suisse que venait lui aussi de lancer Christoph Stückelberger, secrétaire central de PPP: les trois Eglises nationales auront besoin pour 1998 de plus de 34 millions de francs pour poursuivre plus de 800 projets de développement en faveur des plus pauvres dans une soixantaine de pays.

La ville, toujours davantage l’illustration de l’»apartheid social»

Une réalité sur le terrain qui ressemble de plus en plus à un «apartheid social», comme l’a expliqué l’évêque d’Imperatriz: en Amérique latine, près d’un tiers de la population des villes vit dans des slums, favelas et autres bidonvilles dépourvus des commodités de base, tandis que la minorité des riches dans des beaux quartiers se retranche derrière des murs fortifiés et gardés, pour se protéger eux et leurs richesses de la masse des pauvres. «Les murs de ces villes à l’intérieur de la ville font penser aux enceintes des villes féodales du Moyen-Age, qui défendaient leurs habitants contre tous ceux qui étaient hors-les-murs». Mgr Affonso Gregory a lancé un appel pour que dans ce monde globalisé, les populations construisent une «SolidarCité» et abattent le mur qui sépare les riches des pauvres.

Après la cérémonie, la foule a quitté la cathédrale baroque, dont les grilles ouvragées du chœur avaient été ornées pour la circonstance d’esquisses symbolisant les grandes métropoles du monde, pour suivre des visites commentées. Quatre «chemins de solidarité» à travers la vieille ville de St-Gall avaient été choisis: solidarité avec les étrangers, solidarité avec les pauvres, solidarité entre les confessions et solidarité des femmes engagées. Une occasion de découvrir que dans l’histoire, la ville de la Suisse orientale a regorgé de lieux d’engagements, points de départ pour construire la «SolidarCité» d’aujourd’hui. (apic/be)

19 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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