Détente dans les relations entre le Saint-Siège et le Vietnam ?
Vietnam: Futur archevêque d’Hô Chi Minh-Ville, les autorités acceptent le candidat de Rome
Hô Chi Minh-Ville/Paris, 2 mars 1998 (APIC) L’on semble assister à une phase de détente dans les relations jusqu’ici tendues entre le Saint-Siège et les autorités communistes vietnamiennes. Selon des sources vietnamiennes informées, un accord vient d’être conclu sur la personne du futur archevêque de Hô Chi Minh-Ville. Il mettrait ainsi un terme a la très longue vacance du siège archiépiscopal de l’ex- Saigon, source de conflit depuis des années entre Rome et Hanoi.
Cette issue favorable est le résultat des négociations entre les autorités vietnamiennes et une délégation du Saint-Siège qui a achevé dimanche une mission envoyée au Vietnam le 22 février dernier, annonce lundi «Eglises d’Asie» (EdA), l’agence d’information des Missions Etrangères de Paris.
Le candidat proposé par Rome est Mgr Jean-Baptiste Pham Minh Mân, qui n’a pas encore reçu de nomination officielle. Jusqu’à présent, précise EdA, cet accord n’a pas été confirmé officiellement par le Saint-Siège. Mgr Pham Minh Mân, âgé de 64 ans, est actuellement évêque coadjuteur de My Tho depuis août 1993. Ordonné prêtre en 1965, le candidat a fait des études universitaires aux Etats-Unis avant la chute du Sud-Vietnam en 1975.
La future nomination, si elle venait à être confirmée, permettrait de mettre un terme à un conflit qui a débuté en 1975, au moment de l’arrivée au pouvoir des communistes au Sud, avec la nomination par Rome de Mgr Nguyên Van Thuân au poste d’archevêque coadjuteur de Saigon. Cette nomination fut refusée par les autorités de l’époque; elles renvoyèrent l’archevêque nommé hors de la ville et lui infligèrent de plus treize ans de prison, de rééducation et de résidence surveillée.
Le conflit a repris en 1993, quand la nouvelle d’une aggravation de la maladie de l’archevêque en exercice, Mgr Nguyên Van Binh, força le Saint-Siège à nommer un administrateur apostolique pour ce diocèse. Celui-ci, Mgr Huynh Van Nghi, évêque de Phan Thiêt, n’a pas non plus été accepté par le gouvernement. En novembre 1994, Mgr Nguyên Van Thuân – qui n’avait jamais été accepté par les autorités comme coadjuteur – fut nommé à Rome à la Commission pontificale «Justice et Paix», ce qui ouvrait de nouvelles perspectives pour la négociation. Plusieurs candidats du Saint-Siège ont été refusés au cours de ces dernières années.
Au cours des derniers entretiens, le gouvernement a accepté d’examiner deux autres propositions, l’une pour le poste de coadjuteur de Hanoi et l’autre pur le poste d’évêque de Phu Cuong. Il a par contre refusé pour la deuxième fois les nominations d’un coadjuteur pour le diocèse de Bui Chu et d’un autre pour Da Nang. Ce sont les nominations d’évêques qui constituent toujours les points les plus délicats des négociations avec Rome, les autorités vietnamiennes se réservant toujours le droit d’opposer leur veto à certaines propositions du Saint-Siège. Plusieurs diocèses sont par conséquent sans titulaires, comme Hung Hoa, Phu Cuong, Hô Chi Minh-Ville, où la succession de Mgr Nguyên Van Binh pourrait toutefois être assurée cette fois-ci. La délégation vaticane était conduite par Mgr Celestino Migliore, sous-secrétaire, à la Secrétairerie d’Etat du Vatican, pour les relations avec les Etats, et Mgr Barnabé Nguyên Van Phuong, de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples. Ils devaient notamment avoir des entretiens avec le Bureau des Affaires Religieuses du gouvernement vietnamien et la hiérarchie catholique vietnamienne. (apic/eda/be)




