Europe: les pays de tradition orthodoxe se sentent exclus
«Le rideau de fer n’a pas disparu, il s’est déplacé»
Paris, 8 mars 1998 (APIC) Le Rideau de Fer qui coupait l’Europe en deux n’a pas disparu, il s’est seulement déplacé un peu vers l’Est: c’est l’opinion exprimée par Miroslav Matrenczyk, un laïc orthodoxe polonais. Il est responsable de la coordination de l’aide humanitaire pour les pays d’Europe centrale et de l’Est à l’Unité IV (Témoignage et Service) du Conseil Oecuménique des Eglises (COE) à Genève.
Alors qu’avant 1989 l’Europe était divisée par des critères idéologiques, elle commence à l’être aujourd’hui sur la base de critères confessionnels, observe Miroslav Matrenczyk: «Un nouveau mur se dresse peu à peu entre l’Est et l’Ouest. Mais à présent il ne traverse plus le territoire de l’Allemagne, il passe le long des frontières orientales de la Pologne, de la Slovaquie et de la Hongrie». Et de faire remarquer qu’il y a, d’un côté, les pays de tradition catholique et protestante que l’on s’apprête à intégrer dans l’Europe, et, de l’autre, des pays de tradition orthodoxe qui se trouvent pour l’instant exclus de ce processus.
Cette différenciation à partir de critère culturels et religieux prend les allures d’une véritable confrontation entre deux mondes, compte tenu de la crise économique et sociale qui frappe des pays comme la Bulgarie, la Roumanie, la Biélorussie et l’Ukraine, a encore expliqué M. Matrenczyk. Il invite le COE à développer de manière substantielle son aide humanitaire dans les pays d’Europe orientale.
A l’heure actuelle, soutient-il, l’aide aux pays d’Europe orientale représente entre le 3 et 7 % seulement de l’enveloppe financière globale attribuée par le COE pour l’ensemble des actions de ce genre. (apic/cip/sop/pr)




